(ats) Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a été égratigné mardi au Conseil des Etats. Si la qualité de son travail n'est pas remise en cause, sa manière de communiquer a été pointée du doigt. Le Conseil fédéral reconnaît que quelques corrections sont nécessaires.

La discussion a été lancée par une interpellation de Roland Eberle (UDC/TG), qui reproche au CDF de s'exprimer sans cesse publiquement sur des questions politiques, devenant progressivement un acteur politique influent. Le sénateur craint que le CDF perde ainsi "son caractère d'institution située au-dessus de la mêlée, au risque finalement de mettre en jeu sa réputation de neutralité".

Plusieurs orateurs ont pris la défense de l'organe de contrôle. "Ni la qualité ni la quantité des rapports qu'il produit ne sont remises en question", a ainsi affirmé Jean-René Fournier (PDC/VS). En revanche, la manière de communiquer du CDF a fait l'objet de critiques, partagées en partie par le gouvernement.

Reproches admis

Le Conseil fédéral et le Parlement ont besoin d'une cour des comptes compétente et politiquement indépendante. Au cours des dernières années, le CDF a satisfait à ces exigences, a dit le ministre des finances Ueli Maurer.

Selon le gouvernement, le CDF doit s'abstenir de toute déclaration publique qui pourrait être perçue comme une ingérence politique. Estimant que le CDF n'a pas toujours respecté ce principe avec rigueur dans le passé, le Conseil fédéral attend de lui qu'il adapte sa communication en conséquence et agisse de manière plus responsable.

Le Cdf a parfois manqué de tact dans sa communication, reconnaît le Conseil fédéral. Le gouvernement part du principe que l'organe de contrôle prendra les mesures nécessaires pour que sa communication réponde aux attentes en matière de professionnalisme, de pondération et de retenue.

Le Conseil fédéral estime que la direction du CDF a reconnu le besoin d'améliorer sa communication. Il espère qu'elle apportera les correctifs qui s'imposent.