Le Conseil fédéral établira un rapport sur le nombre de cas enregistrés par Swissmedic et sur le nombre de victimes qui pourraient être découvertes à l'avenir. Commercialisée depuis plus de cinquante ans, l'antiépileptique Dépakine du laboratoire français Sanofi a continué à être prescrit à des femmes enceintes malgré ses effets sur les foetus, a expliqué l'auteure du postulat.
Environ 10% des enfants exposés in utero à la substance naissent avec des malformations congénitales et de troubles graves du développement surviennent chez 30 à 40% d'entre eux.
Dans son rapport, le Conseil fédéral devra aussi évaluer les mesures en place, concernant notamment l'information aux patients et aux médecins afin de prévenir de nouveaux cas. Le postulat demande également une liste des changements législatifs éventuels à opérer pour garantir aux victimes l'accès à des réparations même des années après les dommages.
Effets connus
La Dépakine est autorisée depuis 1970 en Suisse. Une étude de la société suisse de néonatologie a constaté en 2001 déjà un lien entre le médicament et l'autisme. Swissmedic avertissait en 2015 du risque de malformation du foetus lors de la grossesse.
En France, après de multiples procédures, une action de groupe a été lancée fin 2016 par l'association des victimes de la Dépakine contre Sanofi afin d'obtenir des indemnisations pour les dizaines de milliers d'enfants soumis in utero à ce médicament. L'an dernier, plusieurs plaintes ont été déposées en Suisse.