(ats) Il n'est pas nécessaire de légiférer sur l'assistance organisée au suicide, a estimé jeudi le Conseil des Etats. Par 32 voix contre 6, les sénateurs n'ont pas donné suite à une initiative du canton de Neuchâtel demandant à l'Assemblée fédérale de se pencher sur les bases légales actuelles.

Le National doit encore se prononcer.

L'initiative cantonale visait notamment à préciser le cadre dans lequel travaillent les organisations actives dans ce domaine, comme Exit ou Dignitas. Le Grand Conseil neuchâtelois craint que la voie ne soit ouverte au suicide assisté à des personnes qui ne sont pas en fin de vie.

L'aide au suicide est un sujet sensible. Il a suscité de nombreux débats politiques. Les sénateurs sont d’avis que l'application cohérente des dispositions légales en vigueur suffit à réprimer et à éviter d'éventuels abus dans ce domaine.

Accepter l'initiative donnerait un statut légal aux organisations d'aide au suicide. Cela aurait un effet incitatif et revient à relativiser la vie humaine, a souligné Robert Cramer (Verts/GE) pour la commission.

Chacun doit pouvoir choisir librement le moment de sa mort. C’est une question de morale individuelle qui ne doit pas céder le pas à une morale collective, a contré en vain Raphaël Comte (PLR/NE).