(ats) L'administration fédérale devrait réduire les mandats de conseil externes. Le Conseil des Etats a accepté lundi par 29 voix contre 13 et 2 abstentions, en la modifiant, une motion PLR visant à privilégier les capacités à l'interne.

Recourir à des conseillers externes permet de réduire les surcharges de travail dans l'administration et d'acquérir une expertise, mais cette pratique est utilisée à l'excès par certains offices fédéraux, argue le motionnaire Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH).

Résultat: une dépendance accrue de l'administration fédérale à l'égard des conseillers externes notamment dans les domaines de l'informatique, de la communication et de l'expertise politique. Et selon l'élu, les dépenses résultant de l'attribution de mandats de conseil externes ne cessent d'augmenter avec les années.

Il demande donc de réduire de 8% par an les frais liés à ces mandats, et ce durant les cinq prochaines années. Il s'agit de réaliser des économies et d'exploiter les connaissances de l'administration. Cela doit aussi permettre d'accroître la transparence des coûts dans les finances fédérales.

Pas réaliste

Les sénateurs reconnaissent la volonté de limiter les mandats externes. Il est juste de vouloir conserver le savoir à l'intérieur de l'administration, a rappelé Filippo Lombardi (PDC/TI) au nom de la commission.

Mais l'objectif de réduire de 8% n'est pas réaliste, a-t-il ajouté. Les sénateurs ont visé un objectif plus pragmatique et proposent une réduction de 4% par an sur les trois ans suivant l'adoption de la motion. De telles réductions sont possibles sans nuire aux activités de l'administration.

Le Conseil des Etats a également complété la motion par une recommandation prévoyant que les coûts des mandats de conseil externes ne dépassent pas les 3% des dépenses de personnel. Il ne s'agit pas seulement d'épargner, mais aussi de créer une relation équilibrée entre les mandats externes et les connaissances internes, a souligné M. Lombardi.

Cela incitera l'administration à se demander si certaines tâches ne peuvent pas être effectuées à l'interne. Le Conseil fédéral est appelé à présenter de manière transparente ces coûts.

Hans Stöckli (PS/BE) a rappelé, en vain, que les dépenses de mandats externes ont diminué en 2017 et qu'elles n'ont presque pas augmenté depuis 2010. Il est donc inopportun de décréter de nouvelles coupes.

Bonne intention

Les mandats externes représentent 3,3% des coûts du personnel, a indiqué le ministre des finances Ueli Maurer. "Nous atteignons déjà presque le but."

Toutefois, l'administration fédérale ne veut pas tout savoir toute seule. Elle cherche l'avis d'expert afin de savoir si elle est sur la bonne voie, a ajouté M. Maurer. Certaines tâches ne peuvent revenir à l'administration, notamment celles qui sont gérées par Skyguide.

La motion part d'une bonne intention, mais il ne faut pas couper de manière générale. Cela représente une entrave supplémentaire aussi pour le Parlement. Ce dernier peut réduire de manière ciblée les dépenses des départements lors des discussions sur le budget, a argumenté le ministre.