(ats) Le Conseil fédéral ne sera pas chargé de chercher les causes des diagnostics de troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Le Conseil des Etats a tacitement enterré mardi une motion en ce sens de Verena Herzog (UDC/TG), suivant l'avis du Conseil fédéral.

Selon la motionnaire, la Suisse alémanique et la Suisse romande prescrivent beaucoup plus fréquemment des médicaments contenant du méthylphénidate, comme la Ritaline, que la Suisse italienne. Le rapport serait de un à cinq. L'hyperactivité ne serait selon elle pas une maladie au sens propre du terme.

Pour le Conseil des Etats, l'apparition des TDAH étant provoquée par différents facteurs individuels, il est est impossible d'identifier une cause unique sur laquelle fonder d'éventuelles interventions. En raison de la complexité et des spécificités individuelles liées aux causes de la maladie, il est indispensable que les traitements répondent de manière ciblée aux besoins de la personne touchée.

La question de savoir pourquoi on prescrit davantage la Ritaline en Suisse alémanique nécessiterait en outre un contrôle systématique des pratiques en matière de prescription. Or cette tâche n’incombe pas à la Confédération, mais aux cantons. En conséquence, la Confédération ne peut pas obliger les acteurs concernés à collecter les données nécessaires à une telle analyse.

Pour le ministre de la santé Alain Berset, il importe enfin de ne pas limiter la marge de manoeuvre des médecins. "Depuis 2011, on a une stabilisation de la consommation de Ritaline; on peut en déduire que la prescription s'est également stabilisée", a ajouté le conseiller fédéral.