(ats) Le Parlement ne compte plus ses efforts pour stopper les plans de restructuration d'Agroscope. Le Conseil national a donné suite mercredi par 138 voix contre 48 à une nouvelle motion demandant au Conseil fédéral d'attendre jusqu'à ce que la restructuration ait fait l'objet d'une évaluation.

Le Conseil fédéral souhaite centraliser Agroscope à Posieux (FR) afin de limiter ses frais d'exploitation. L'institution pourrait perdre 20% de son budget, soit 40 millions de francs. Ces perspectives qui ont fuité dans la presse sont très contestées.

La motion de commission de la science propose donc d'attendre les résultats de la consultation auprès des parties prenantes et l'analyse du financement de l'organisme. Après avoir entendu les membres d'Agroscope cet été, les signaux du Parlement n'ont apparemment pas été entendus, a expliqué Alice Glauser (UDC/VD) pour la commission.

Cela a poussé la commission à maintenir son texte malgré les multiples interventions déjà déposées. Pendant la session d'été, le Conseil national et le Conseil des Etats ont en effet déjà demandé que la mise en oeuvre soit suspendue le temps de procéder à une analyse approfondie.

Et mardi, le Conseil des Etats a également adopté une motion de Brigitte Häberli (PDC/TG) pour suspendre la réforme afin d'examiner son statut juridique. Elle veut faire de la station de recherche un établissement autonome de droit public de la Confédération.

100 millions

Devant tant d'unanimité, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann n'a rien pu faire. "Il faut une dizaine d'années pour venir à bout d'une réorganisation", a averti le ministre qui plaide pour une modernisation nécessaire d'Agroscope. Pour un campus aux dernières normes, il faudrait 100 millions de francs, a-t-il indiqué. Le ministre n'a été suivi que par une partie des élus PLR et du PVL.

La restructuration sur laquelle planchent ses services a pour objectif de concentrer les activités qui ne sont pas directement liées à un site particulier afin de tirer parti des synergies. Mais les stations d'essais comme Changins (VD) seraient maintenues dans les différentes régions. Quelque 400 à 500 personnes pourraient être concernées.

Le dossier passe au Conseil des Etats.