(ats) Les dépenses de l'armée ne seront pas plafonnées à 4 milliards de francs dès 2021. Par 119 voix contre 46, le Conseil national a rejeté une motion de Carlo Sommaruga (PS/GE) demandant d'investir les moyens libérés dans la prévention des conflits.

Une attaque militaire contre la Suisse est hautement improbable, lance le Genevois. L'image d'une Suisse isolée, armée jusqu'aux dents, qui repousse à elle seule tous les dangers qui menacent ses frontières, est un mythe de l'histoire qui est totalement faux. Il ne sert aujourd'hui qu'au folklore et ne sème que des illusions dangereuses eu égard aux risques réels.

Des engins lourds et une grande armée d'infanterie ne sont pas propres à maîtriser les défis militaires actuels et futurs dans des situations conflictuelles de plus en plus hybrides. Pour M. Sommaruga, il faut réduire la taille de l'armée, faire baisser considérablement les frais d'exploitation et investir dans du matériel d'avenir pour protéger la sécurité humaine.

Des programmes supplémentaires en faveur de la prévention et de la gestion internationales des crises, des catastrophes et des situations de fragilité et la promotion de la transformation des conflits devraient bénéficier d'au moins un milliard de francs, selon le socialiste.

Augmentation du budget

Le Parlement et le Conseil fédéral ont décidé d'augmenter le budget de l'armée à 5 milliards, a rappelé le ministre de la défense Guy Parmelin. Cela doit permettre à l'armée de faire face aux importants besoins à venir concernant la modernisation et le renouvellement de son matériel, et de remplir à l'avenir aussi les missions que l'on attend d'elle.

La diminution demandée par l'auteur de la motion irait à l'encontre de toutes ces décisions prises par le Conseil fédéral et le Parlement. Ce serait aussi un abandon majeur de la politique de sécurité menée jusqu'ici par la Suisse.

La Suisse a besoin, comme d'autres Etats européens, d'une armée moderne et bien équipée, capable d'accomplir ses tâches. Les investissements dans l'armée ne portent d'ailleurs pas seulement sur du matériel lourd comme de nouveaux avions de combat, mais concernent aussi les nouvelles formes de conflits hybrides (par ex. dans le cyberespace) citées dans la motion.