(ats) La Confédération devrait avoir 540 millions de francs en poche ces six prochaines années pour garantir le stockage de biens vitaux. Le Conseil des Etats a accepté jeudi à l'unanimité cette demande de crédit. Le National doit encore se prononcer.

Afin de contrer des pénuries, Berne prescrit le stockage de certains biens dans les secteurs alimentaire, énergétique et pharmaceutique. Ces réserves n'appartiennent pas à la Confédération. Elles sont détenues et financées par le secteur privé.

Les garanties fédérales vont aux banques pour les prêts qu'elles accordent aux entreprises pour ces réserves obligatoires. Un crédit d'engagement est nécessaire en vertu de la loi. Il concerne tant les garanties déjà accordées que les engagements à venir. Ces garanties ne sont pas problématiques car la contre-valeur peut être activée en tout temps par la vente des marchandises stockées.

Selon les estimations du gouvernement, les besoins de crédit d'ici la fin 2024 se chiffrent à 400 millions pour les produits pétroliers, 100 millions pour les aliments, 20 millions pour les produits thérapeutiques, 7 millions pour les engrais, 3 millions pour les produits industriels et 10 millions pour les nouveaux produits stockés.

Système simple et efficace

Le Conseil fédéral table sur une croissance dans tous les domaines concernés, notamment pour les produits pétroliers (hausse des stocks pour 40 millions). Il ne s'attend pas à épuiser totalement les 540 millions.

A la fin 2017, le montant total des emprunts garantis s’élevait à 290 millions, dont 273 millions consacrés aux produits pétroliers. Le plus haut montant garanti actuellement par la Confédération pour un prêt s’élève à 57 millions. Ces dix dernières années, la somme des garanties fédérales a fluctué entre 290 et 480 millions.

Durant les 15 dernières années, Berne n’a subi qu’une seule fois des pertes (70'000 francs) à cause d’une réserve obligatoire. Dans deux autres cas, elle a dû payer pour honorer ses garanties, mais elle a pu s’en tirer à bon compte, selon le Conseil fédéral.

Pour le gouvernement, le stockage est un système peu coûteux et peu compliqué à mettre en place. Il est possible, à tout moment et à court terme, de libérer les réserves obligatoires au bénéfice des consommateurs. Comme l'année dernière pour approvisionner le marché en antibiotiques.