(ats) Le prix de l'essence et des billets d'avion pourrait augmenter en Suisse afin de lutter contre le réchauffement climatique. Le Conseil national va débattre de ces mesures lundi en poursuivant l'examen de la loi sur le CO2.

Le prix de l'essence pourrait augmenter de 8 centimes par litre si le plénum suit sa commission. Mais plusieurs propositions visent des hausses plus fortes ou moins importantes selon qu'elles émanent de la gauche ou de la droite. La hausse pourrait être limitée à 5 centimes par litre, comme le souhaite l'UDC, voire portée à 20 centimes comme le veulent les Verts, alliés au PS et au PVL.

Ces augmentations de prix découleront des compensations des gaz à effet de serre émis par les voitures. La part à réaliser en Suisse se situe entre 15% - selon la version du Conseil fédéral - et 20% selon celle de la commission.

Le Conseil national débattra également d'une taxe sur les billets d'avion au départ des aéroports suisses. Alors que le Conseil fédéral y a renoncé et que la commission l'a écarté à une voix près, une alliance du PDC, des Verts, du PS veut réintégrer la mesure dans le projet de loi.

La taxe serait prélevée dès 2022. Elle oscillerait entre 12 et 30 francs pour les vols en Europe. Et irait de 30 à 50 francs pour les vols vers d'autres destinations. Les opposants à la taxe craignent qu'elle n'incite les Suisses à se rendre dans les aéroports étrangers pour prendre leurs avions.

Plusieurs décisions

La semaine dernière, le Conseil national a décidé à une voix près de fixer la limite du réchauffement planétaire à 1,5 degré au lieu de 2 degrés. Mais il a pris plusieurs autres décisions rendant la loi moins contraignante.

Si l'objectif reste une baisse de moitié des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990, le conseil a renoncé de justesse à fixer un objectif de réduction en Suisse. Le Conseil fédéral proposait que 60% des mesures de compensation soient nationales.

Le National a également remplacé les objectifs de réduction dans la loi par la notion plus générale de valeur indicative. Les nouvelles voitures de tourisme ne devraient pas dépasser la valeur moyenne de 95 grammes de CO2 par kilomètre entre 2021 et 2024.

Le Conseil national refuse aussi de faire un geste en faveur des voitures électriques. Pas question que les importateurs puissent ne pas compter ce type de véhicules dans leur parc de véhicules neufs.