Cette révision d'ordonnance devait concrétiser une initiative parlementaire de Joachim Eder (PLR/ZG). Celui-ci proposait de ne plus verser un défraiement de 180 francs par nuitée aux parlementaires qui retournent dormir chez eux entre deux séances au Parlement.
La commission à l'origine du projet jugeait injuste la distribution automatique du forfait à un élu dès que sa présence aux séances est constatée. Les députés qui peuvent passer la nuit sans frais supplémentaires, à leur domicile ou ailleurs, reçoivent un supplément infondé.
Pas d'arnaqueurs !
Cet avis n'a pas été partagé par la majorité des sénateurs. "J’en ai assez de la tactique du salami concernant les revenus des parlementaires", a lancé Didier Berberat (PS/NE). On regarde le problème par le petit bout de la lorgnette. Il faut une vue d’ensemble du système.
On reproche à tous les politiciens d’être des arnaqueurs, a renchéri Daniel Jositsch (PS/ZH). Le système actuel a l’avantage de la simplicité. Chacun a le droit de choisir s’il veut aller à l’hôtel ou passer deux ou trois heures dans sa voiture ou dans le train, selon Filippo Lombardi (PDC/TI).
Cette fronde a dû s'y reprendre à deux fois pour tuer le projet dans l'oeuf. La Chambre des cantons est entrée en matière de justesse, par 20 voix contre 18 et 3 abstentions. Par 28 voix contre 8, elle a ensuite revu à la baisse l'ampleur du projet. Avant de définitivement le liquider.