Pour le Lucernois, la convention visait à l'origine à protéger les réfugiés européens après la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd'hui, la situation a radicalement changé. La pression migratoire s'est nettement accrue en raison des guerres et la mobilité est beaucoup plus facile dans le monde globalisé. La Convention de Genève et son protocole de 1967 ne correspondent plus au contexte actuel.
La convention devrait selon lui être réexaminée voire remaniée. "Mon but n'est pas de remettre en question le droit international, mais de confronter cette convention avec les faits réels", a-t-il dit. Une cinquantaine de pays ne l'ont pas signée et certains ont une pratique très divergente en la matière.
Le Conseil fédéral s'est montré d'accord avec la proposition. Il vaut la peine de clarifier le statut de réfugié et de dissiper d'éventuels malentendus, a répondu Simonetta Sommaruga. La Suisse est prête à étudier les différences d'application entre les pays signataires.
La cheffe Du département fédéral de justice a toutefois rappelé que 85% des réfugiés vivent dans les pays en développement comme le Congo, le Pakistan ou la Jordanie. Et de souligner que la Convention et son protocole restaient pour la Suisse les principaux instruments en matière de protection des réfugiés.