(ats) Introduire un instrument pour remédier à la cherté des magazines étrangers en Suisse reviendrait à réglementer le prix des revues. Contrairement au National, le Conseil des Etats a enterré, par 28 voix contre 13, lundi une motion en ce sens du National.

Le texte demande au Conseil fédéral de trouver, conjointement avec la Commission de la concurrence (Comco) et le Surveillant des prix, un instrument contre les différences exagérées des prix des revues en Suisse et à l'étranger, a expliqué Pirmin Bischof (PDC/SO) au nom de la commission.

Les revues françaises vendues en Suisse coûtent environ 55% de plus qu'en France, les publications allemandes reviennent en moyenne 74% de plus qu'en Allemagne; pour les revues italiennes, les Suisses doivent dépenser jusqu'à 158% de plus. En moyenne, avait indiqué le Surveillant des prix, la différence de prix se monte à entre 80 et 150%.

Trop ambitieux

La motion est "bien intentionnée", mais son but est trop ambitieux, a dit M. Bischof. Elle vise une solution simple sans complications administratives pour faire baisser les prix des revues.

Pour le Soleurois, cette requête est problématique dans un système libéral. Le système actuel permet aux kiosques de retourner les revues non vendues, ce qui favorise une offre diversifiée dans l'ensemble de la Suisse. Si l'Etat détermine le prix, cela aura pour conséquence une réduction du choix.

Par ailleurs, "une intervention de l'Etat n'est pas justifiée", a souligné le chef du Département de l'économie Guy Parmelin.

Indécent

Anita Fetz (PS/BS) estime pour sa part que les différences de prix sont si élevées qu'on ne peut pas invoquer la différence de coûts pour l'expliquer. "C'est indécent", soulève-t-elle. Et d'ajouter que c'est à la Comco de s'en occuper, "mais elle ne le fait". Il n'y a aucune raison pour que les éditeurs étrangers s'autorisent une telle marge. Pour Didier Berberat (PS/NE) aussi, cette différence est scandaleuse.