(ats) Les systèmes d'alerte et de transmission de l'alarme en cas de dangers naturels (projet OWARNA) doivent disposer de plus de moyens. Contre l'avis du Conseil fédéral, le Conseil national a adopté lundi par 95 voix contre 83 une motion de commission en ce sens.

Les phénomènes extrêmes sont en augmentation en raison du réchauffement. "De nouveaux moyens sont indispensables et doivent être introduits dès cette année", a plaidé Adèle Thorens (Verts/VD), au nom de la commission. "Il s'agit de pouvoir prévenir un maximum de dommage aux infrastructures et aux personnes."

Avec un meilleur système d'alerte, d'alarme et d'intervention, "les dégâts dus aux inondations de 2005 auraient pu être réduites de 20%, permettant une économie de 600 millions de francs sur 3 milliards", a-t-elle illustré. Une majorité de gauche et du centre a suivi ses arguments.

La motion exige davantage de moyens notamment pour la mise au point d'une nouvelle génération d'alertes d'intempérie, dans le contexte d'une société numérisée. Elle réclame aussi l'introduction de mesures pour l'élaboration d'alertes de sécheresse et de risques de mouvement de terrain.

Les tâches supplémentaires évoquées nécessiteraient près de dix postes supplémentaires dans l'administration, dont cinq à Meteosuisse.

Pas avant 2020

Le Conseil fédéral est conscient de la nécessité d'optimiser et d'étendre le système d'alerte actuel. Mais il ne veut pas libérer d'argent ni embaucher avant 2020.

Le Parlement souhaitant une gestion globale des ressources humaines afin de freiner les croissances de dépenses de personnel, le Conseil fédéral a reporté dans le budget 2019 le développement du système d'alerte au profit de tâches considérées jugées plus prioritaires comme la réforme des procédures d'asile ou la maîtrise des coûts de la santé. Il entend inclure la consolidation d'OWARNA dans ses réflexions pour le budget 2020.

La motion passe au Conseil des Etats.