Pour l'ancien directeur des finances cantonales Peter Hegglin (PDC/ZG), auteur du postulat, les règles doivent être modernisées. La rente à vie prévue pour les conseillers fédéraux date de l'époque où ces élus ne disposaient pas de prévoyance.
Entretemps, les conseillers fédéraux sont soumis à la loi sur la prévoyance professionnelle, mais lorsque les magistrats élus entrent en fonction, le capital épargné, déposé sur un compte de libre passage privé, reste leur propriété. Il échappe à la limitation de revenu et un ancien juge par exemple peut le percevoir en plus de la retraite. "Dans l'économie privée, on parlerait de parachute doré".
C'est surtout le Conseil fédéral qui est concerné car les juges fédéraux restent en fonction très longtemps, a nuancé Didier Berberat (PS/NE), hostile au postulat. La situation d'élu dans un exécutif devient de plus en plus inconfortable et un ex-conseiller fédéral peine toujours à retrouver un travail ensuite. Pour trouver des personnes de grande qualité, le système de retraite doit rester attractif et prémunir le risque de non-réélection.
Le Conseil fédéral s'est lui aussi opposé à un changement. Selon le chancelier Walter Thurnherr, le système actuel est simple et efficace. Depuis 1989, un magistrat perçoit au plus la moitié de son traitement après sa retraite. S'il perçoit un revenu provenant d'une activité lucrative ou une rente, sa retraite est réduite afin que le total n'excède pas le salaire annuel d'un magistrat en fonction.
Diverses interventions ont été déposées pour aligner les retraites des magistrats sur un système de caisse de pension. Le Parlement n'a encore jamais poursuivi leur examen.