(ats) Il n'est pas nécessaire de donner davantage de compétences aux cantons pour réaliser l'égalité salariale entre femmes et hommes. Suivant le Conseil des Etats, le National a enterré mardi par 110 voix contre 61 l'initiative en ce sens du canton de Genève.

Les cantons disposent déjà d’une certaine marge de manœuvre pour réaliser l’égalité dans la vie professionnelle, a indiqué Andrea Gmür-Schönenberger (PDC/LU) au nom de la commission. Légiférer n'est donc pas nécessaire.

De plus, les Chambres fédérales ont accepté la loi sur l'égalité en décembre 2018. Elles ont alors décidé de rendre l’analyse de l’égalité des salaires obligatoire pour les entreprises occupant au moins 100 personnes ainsi que pour les pouvoirs publics. Avec l’introduction de cet instrument, qui s’applique également aux cantons, l’un des principaux objectifs de l’initiative a été atteint.

Actif ou passif

"Depuis 1981, l'égalité salariale est inscrite dans la constitution. Mais 38 ans plus tard, les femmes gagnent toujours environ 20% de moins que les hommes. Toutefois, ni le Parlement, ni le Conseil fédéral ne semblent presser d'agir", a lancé Mathias Reynard (PS/VS).

Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS) confirment que la différence reste élevée et que la part purement discriminatoire augmente. De plus, les discriminations interviennent dès l'entrée sur le marché du travail et elles touchent toutes les femmes, même celles avec des salaires plus élevés.

"Il faut permettre aux cantons qui veulent agir d'aller plus loin et de mettre en place des contrôles pour respecter l'égalité salariale. Le texte n'empêche aucun canton de rester passif", a encore souligné le Valaisan.