Le texte vise à assouplir les conditions auxquelles est soumise la branche sans toucher à l'interdiction de défricher, principe inscrit dans la loi sur les forêts adoptée en 2016. Le National avait suspendu ses travaux en attendant des informations sur l'usage d'insecticides pour conserver le bois.
Pour la majorité, le cadre légal est assez strict: les produits phytosanitaires ne peuvent être utilisés pour les dépôts de bois en forêt qu'à titre exceptionnel et qu'en dernier recours. Ils sont indispensables au maintien de la qualité des bois, a plaidé Pierre-André Page (UDC/FR). Les alternatives comme déplacer rapidement le bois coupé hors de la forêt poseraient de grandes difficultés logistiques dans certaines régions.
Grâce au texte, l'industrie pourrait réaliser en forêt des dépôts provenant de la région, la rentabilité de la transformation des récoltes serait accrue et on éviterait des transports sur de longues distances. Il faut soutenir l'économie forestière en situation financière précaire depuis plusieurs années.
Risque environnemental
Une minorité réunissant la gauche, les Vert'libéraux et le PEV n'a pas été convaincue. Autoriser le stockage de bois ronds en forêt et prendre le risque de devoir recourir à des produits susceptibles de menacer la faune et de nuire à la qualité de l'eau va à l'encontre de la protection de l'environnement.
Il pourrait raisonnablement être exigé de la branche qu'elle renonce à l'utilisation de produits phytosanitaires sur les nouvelles places de stockage autorisées, d'autant que des alternatives existent, a plaidé Mathias Reynard (PS/VS). N'ayant pas obtenu la modification du texte, ce camp a rejeté la motion.
Le Conseil fédéral a soutenu le texte. Selon la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, il est difficile à dire si l'autorisation du stockage de bois rond conduira à un recours accru aux insecticides en forêt. Des conditions ont été posées et le bois est généralement rapidement évacué. Mais le respect des conditions posées incombera aux cantons.