L'initiative dite de limitation exige que la Suisse règle de manière autonome l'immigration des étrangers. Si le texte était accepté par le peuple, les autorités auraient un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles. Faute de solution dans ce délai, le Conseil fédéral devrait dénoncer l'accord dans le mois qui suit.
Brexit suisse
Le Conseil fédéral s'est prononcé pour un rejet du texte. Il ne faut "pas jouer avec le feu", ce serait un "Brexit suisse", a lancé en juin la ministre de justice et police Karin Keller-Sutter. Le délai est "irréaliste", selon elle.
Le texte aura du mal à passer le cap du Parlement. Au sein de la commission des institutions politiques, seule l'UDC a défendu le texte avec des arguments similaires à ceux exprimés pour ses précédentes initiatives de l'UDC, notamment celle contre l'immigration de masse.
Même son de cloche du côté de la commission de politique extérieure. La libre circulation en est l'un des points centraux et dénoncer cet accord menacerait la prospérité du pays, a estimé la majorité. La Suisse a besoin de la main d'oeuvre étrangère.
Favoriser les travailleurs les plus âgés
Pour l'UDC, l'immigration est trop forte et la Suisse doit à nouveau pouvoir la régler de manière autonome. L'accord sur la libre circulation ouvre la porte à potentiellement 500 millions d'habitants de l'UE.
Il pousse les employeurs à engager des travailleurs étrangers bon marché au détriment des Suisses. Cet accord doit être levé pour favoriser les travailleurs suisses les plus âgés, qui peinent souvent à trouver un emploi.