(ats) Le Conseil fédéral devrait témoigner de ses efforts pour prévenir et lutter contre la pauvreté. Le Conseil des Etats a adopté jeudi par 24 voix contre 8 une motion de sa commission de l'éducation exigeant la transmission tous les cinq ans d'un rapport de monitoring au Parlement. Le National doit encore se prononcer.

Le rapport devra présenter une analyse comparative de la situation dans les cantons, analyser les mesures de prévention de la pauvreté existantes, montrer l'évolution de la situation et fournir aux pouvoirs publics des enseignements pertinents pour le pilotage en matière de prévention et de lutte contre la pauvreté.

Le Conseil des Etats a également adopté par 25 voix contre 7 un postulat sur le sujet. Le Conseil fédéral devra examiner comment la Confédération peut continuer de jouer un rôle actif en matière de prévention de la pauvreté. Il s'agit en particulier d'examiner comment le risque de pauvreté chez les jeunes et les jeunes adultes peut être réduit grâce à des mesures de formation.

Plus de 8% de la population

Malgré la bonne conjoncture, la pauvreté progresse et touche plus de 8% de la population en Suisse, a rappelé Anne Seydoux-Christe (PDC/JU), qui préside Caritas dans le Jura. Le Conseil fédéral a mis sur pied un programme national de lutte et il est incompréhensible qu'il y ait renoncé au monitoring et ait considérablement réduit son soutien financier.

Le Conseil fédéral est très préoccupé par la pauvreté et n'a pas besoin de nouvelle impulsion, a objecté le ministre des affaires sociales Alain Berset. Malgré si le gouvernement a renoncé à reconduire le programme national mis en oeuvre de 2014 à 2018, la Confédération a mis sur pied depuis le début de l'année avec les cantons, les villes et les communes une Plateforme nationale contre la pauvreté dont le terme est fixé à 2024.

La réduction du risque de pauvreté chez les jeunes via l'encouragement des chances de formation constitue l'un des quatre thèmes prioritaires. Un rapport sur les résultats obtenus est déjà prévu pour 2024. Le Parlement est toutefois libre de donner un signal, a reconnu M. Berset.