Les groupes parlementaires sont divisés, mais la tendance est plutôt à la réélection. L'UDC, le PLR et le PS soutiennent en majorité le procureur pour assurer la stabilité de la poursuite pénale. Au PLR la décision a été claire, alors qu'au PS la majorité ne s'est manifestée que de justesse. Le PDC et les Verts ont renoncé à un mot d'ordre.
La décision de la Commission judiciaire de ne pas soutenir M. Lauber avait résonné comme un coup de tonnerre. Elle a été prise par 9 voix contre 6 et 1 abstention. Selon le rapport publié à l'intention de l'Assemblée fédérale, les tenants d'une lecture politique de l'affaire se sont imposés face aux partisans d'une lecture purement juridique d'un dossier qui a connu de multiples rebondissements.
Enquête sur la FIFA
M. Lauber pourrait tomber en raison de son attitude dans le cadre de l'enquête sur la FIFA et la décision du Tribunal pénal fédéral. Ce dernier a estimé en juin que les rencontres informelles et non verbalisées du procureur avec le président de la FIFA Gianni Infantino contrevenaient aux règles de procédure.
M. Lauber a dû se récuser, ce qui pourrait compromettre l'issue de plusieurs affaires relatives à la FIFA, craignent ses opposants. Il est en outre en conflit avec l'autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération (MPC) qui a ouvert une procédure disciplinaire à son encontre.
Le procureur a lui-même envenimé les choses en montant au front publiquement contre l'autorité et son nouveau président et il ne semble pas vouloir changer d'attitude. Le garder à la tête du MPC risque de nuire à la crédibilité de l'institution.
Ne pas politiser
Les défenseurs de M. Lauber s'insurgent contre une politisation de sa réélection. Selon eux, il n'a pas commis de violation grave, intentionnelle ou par négligence des devoirs de fonction. Les demandes de récusation sont monnaie courante.
Les députés ne doivent pas se laisser mettre sous pression par des médias. Il n'y a en outre pas de déficit d'image du MPC et les collaborateurs sont satisfaits. Une non-réélection pour des motifs politiques serait un message catastrophique pour l'avenir du MPC.
Si M. Lauber n'est pas réélu, son poste sera mis au concours dans les plus brefs délais. La nouvelle élection aurait lieu au plus tôt en décembre pour remplacer l'actuel procureur général de la Confédération au 1er janvier.