(ats) La Confédération pourra vendre Ruag Ammotec, spécialiste des munitions du groupement d'armement. Par 28 voix contre 16, le Conseil des Etats a enterré jeudi une motion de Werner Salzmann (UDC/BE) qui voulait stopper cette vente.

Le Conseil fédéral aurait dû garder l'entreprise afin de garantir l'approvisionnement du pays et une capacité de défense autonome. Une production en Suisse est cruciale en temps de crise. "La Suisse ne sera jamais prioritaire pour ses voisins, la pénurie de masques de protection l'a montré de manière éclatante", a estimé le motionnaire.

La vente de Ruag Ammotec risque en outre d'entraîner des suppressions d'emplois en Suisse. Il vaut mieux garder l'entreprise aux mains de l'Etat que d'avoir une société qui fait des affaires pour des pays douteux, a aussi estimé Mathias Zopfi (Verts/GL). Selon lui, la vente ne profitera pas à l'emploi en Suisse.

Toujours assez

Pour les opposants, la planification de l’armée vise à garantir qu’il y aura suffisamment de munitions également en cas de crise aiguë. Une production autarchique est de toute façon impossible, a expliqué Josef Dittli (PLR/UR).

L’armée pourra remplir son mandat, que Ruag Ammotec soit détenue ou non par la Confédération. Une société privée sera plus flexible et compétitive. La motion empêcherait son entrée en bourse. Elle produirait le résultat inverse de celui visé en nuisant au développement à long terme de l'entreprise, a soutenu Andrea Gmür (PDC/LU).

Le commerce des armes ne fait de toute façon pas partie des tâches essentielles de la Confédération et le risque de réputation est trop grand. Ce n'est pas un service public, a abondé Carlo Sommaruga (PS/GE). Il vaut mieux miser sur une dynamique multilatérale avec un Etat qui achète lorsque c'est nécessaire. Pas question d'accepter une stratégie de repli.

Non gouvernemental

Le Conseil fédéral a également combattu la motion. Ruag Ammotec n'est plus déterminante pour l'approvisionnement de l'armée et la sécurité du pays, a justifié le grand argentier Ueli Maurer. Une industrie locale renforce la sécurité nationale mais il n'est pas nécessaire que l'entreprise appartienne à la Confédération.

Un propriétaire privé sera mieux à même de développer l'entreprise et d'assurer des emplois en Suisse. Des conditions ont été posées à la vente afin de maintenir le site de Thoune et il sera veillé à ce que l'acheteur ne soit pas douteux, a promis le conseiller fédéral.