(ats) La Suisse devrait injecter 297 millions de francs dans les augmentations de capital du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Le Conseil des Etats a soutenu lundi le projet du Conseil fédéral. Le Conseil national doit encore se prononcer.

La Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAfD) contribuent grandement à trouver des solutions aux défis mondiaux que sont notamment les crises financières, le changement climatique, les catastrophes naturelles, les crises des réfugiés et les pandémies.

Pour maintenir son niveau d'influence au sein de ces institutions, la Suisse doit maintenir le même niveau de contributions, a souligné le ministre de l'économie Guy Parmelin. Sa participation aux augmentations de capital est par ailleurs urgente en raison de la crise de coronavirus. De nombreux pays en développement ont été durement touchés par la pandémie et dépendent d'un soutien international, a-t-il rappelé.

Les augmentations de capital concernent la BAfD et deux organisations appartenant au Groupe de la Banque mondiale, soit la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et la Société financière internationale (SFI). Il est prévu de contribuer à hauteur de 99,7 millions de dollars pour la première et de 197,7 millions de dollars pour les deux autres.

L’augmentation du capital garanti viendra renforcer la position des deux banques de développement sur le marché des capitaux. De 2021 à 2024, la Suisse versera près de 50 millions de dollars par an en échange d’actions du Groupe banque mondiale et 12,5 millions de dollars, de 2021 à 2028, en échange d’actions de la BAfD.

Les sénateurs ont accepté le soutien au Groupe de la Banque mondiale par 34 voix contre 4 et celui à la Banque africaine par 37 voix contre 4. Dans la même proportion, ils ont accepté d'adapter l'accord sur la Société financière internationale, une organisation dépendant du Groupe de la Banque mondiale.

Pas de conditions supplémentaires

Carlo Sommaruga (PS/GE) a proposé d'ajouter une condition supplémentaire à la contribution suisse. Selon lui, il est important d’avoir une politique de tolérance zéro à l'égard de la corruption et de la violation des droits de l'homme et individuels. Sa proposition n'a toutefois pas été suivie par les sénateurs qui l'ont rejetée par 28 voix contre 17, issues de la gauche et du PDC.

Lors d'une augmentation des crédits, on ne peut pas ajouter des conditions, a contré Damian Müller (PLR/LU) au nom de la commission. D'autant plus qu'il est difficile de définir strictement quels régimes sont autoritaires, a ajouté Guy Parmelin.

Une proposition de Céline Vara (Verts/NE) n'a pas eu plus de succès. La Verte voulait que la Suisse rejette tout financement de projet de charbon, de pétrole et de gaz ainsi que de programmes qui servent à l’exploration, l’extraction, la production et la génération d’électricité à partir de combustibles fossiles dans les pays en développement et émergents.