L'enveloppe couvre toutes les mesures nationales dans les secteurs de la formation professionnelle, des hautes écoles (domaine des EPF, universités cantonales, hautes écoles spécialisées), de la formation continue, de la recherche et de l'innovation. La transition numérique est l'une des priorités du nouveau programme.
Le Conseil fédéral propose un total de 27,9 milliards de francs, soit deux milliards de plus que les quatre années précédentes. La part du gâteau revient aux Ecoles polytechniques fédérales de Zurich et Lausanne avec un crédit de 10,8 milliards de francs (+2,5%).
Les contributions aux universités et aux hautes écoles spécialisées (HES) se montent à 5,7 milliards (+2%). La recherche et l'innovation devrait obtenir 7 milliards de francs (+11%) à travers des crédits au Fonds national suisse et à l'agence Innosuisse. La formation professionnelle et la formation continue seront renforcées avec des crédits de près de 4,3 milliards.
Crédit supplémentaire
Le Conseil des Etats n'a pas remis en question l'importance de ces crédits. Mais il a longuement discuté de la volonté de sa commission de libérer 200 millions de francs de plus que le Conseil fédéral, notamment en faveur de l'innovation et de la recherche.
La commission propose aussi de supprimer le blocage prévu par le Conseil fédéral d'une partie des moyens supplémentaires. Il s'agit ainsi de garantir la sécurité de la planification au sein des institutions concernées, a relevé Hannes Germann (UDC/SH) au nom de la commission.
Les sénateurs du PS et des Verts soutiennent la commission, encouragés par une partie des PLR et des PDC. Ce sont des investissements à long terme, a expliqué Eva Herzog (PS/BS). Les crédits libérés aujourd'hui amélioreront la vie de demain et éviteront aux générations à venir de souffrir d'un manque de projets innovants.
Ils serviront à créer des emplois, a renchéri Ruedi Noser (PLR/ZH). La Suisse est en compétition face à d'autres pays, a ajouté Benedikt Würth (PDC/SG). "Nous avons besoin de décisions intelligentes dont le résultat sera bénéfique à l'économie".
Coronavirus en cause
Il faut rester dans la réalité et ne pas charger le bateau, a expliqué Peter Hegglin (PDC/ZG). Président de la commission des finances, le sénateur se fait du souci pour les caisses de la Confédération.
La pandémie de Covid-19 a mis à mal les finances fédérales. La Suisse a un faible endettement et elle peut supporter ces charges qui pourraient atteindre 40 milliards d'ici la fin de l'année, mais un jour où l'autre il faudra diminuer la dette, a rappelé M. Hegglin.
La Confédération n'a pas encore digéré les effets de la crise du coronavirus, a affirmé Jakob Stark (UDC/TG). "On ne peut pas faire comme si rien n'avait changé". Et si le Parlement libère plus d'argent, il risque de donner un mauvais signal aux autres secteurs, a-t-il estimé.
Les deux milliards de francs supplémentaires que le Conseil fédéral veut consacrer au domaine FRI sont considérables, mais ils sont proportionnels aux efforts que la Confédération veut fournir dans ce secteur, a expliqué le ministre de la formation et de la recherche Guy Parmelin. Le domaine FRI devra rester prioritaire et il est vital de compter sur une formation de qualité.
Le débat se poursuit.