(ats) La Confédération devrait obtenir 560 millions de francs pour le renouvellement de son environnement informatique. Le National a soutenu mercredi sans opposition cette demande du Conseil fédéral, mais devant les risques liés au projet, il y a posé des conditions.

L'argent ne devrait être libéré que lorsque le gouvernement les aura remplies. La balle passe dans le camp du Conseil des Etats.

Berne doit renouveler l'environnement SAP utilisé actuellement par l'administration fédérale, car SAP n'assurera plus la maintenance des programmes au-delà de 2025. Tous les systèmes existants de planification des ressources d'entreprises (ou Enterprise Resource Planning, ERP) doivent être remplacés d'ici là.

Le Conseil fédéral a adopté pour ce faire deux programmes pour un coût total de 780 millions de francs, prestations propres de l'administration incluses. Le programme "SUPERB", qui vise à transférer les systèmes de l'administration fédérale civile, devrait bénéficier d'un crédit-cadre de 320 millions. Le programme "Systèmes ERP D/ar" (ou ERPSYSVAR), qui vise à migrer les systèmes liés aux engagements de l'armée, a besoin de 240 millions.

La gouvernance des projets pose toutefois problème. Le National s'oppose donc au versement par tranches des crédits prévus par le gouvernement. Il souhaite remplacer cet échelonnement par une amélioration de la gouvernance. Les traumatismes d'échecs informatiques passés sont encore là, a expliqué Gerhard Andrey (Verts/FR) au nom de la commission des finances.

Rendre des comptes

Le gouvernement devra soumettre d'ici à la fin de l'année un rapport sur les avantages et synergie potentiels ainsi que sur les effets sur le personnel attendus des deux programmes. Chaque unité de l'administration fédérale centrale devra aussi publier un rapport d'ici à fin juillet 2021.

Par ailleurs, l'argent ne sera pas libéré tant que le Conseil fédéral n'aura pas édicté une directive l'habilitant à donner des instructions lorsque les départements et offices fédéraux impliqués n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le programme. Il s'agit de pouvoir vérifier ultérieurement les effets du projet.

La tâche est herculéenne car il s'agit de revoir les processus de toute l'administration fédérale. Il reste beaucoup de travail et d'interrogations, a estimé Pirmin Schwander (UDC/SZ). Il faut tirer les leçons des échecs passés, mais aussi veiller à ce que l'argent économisé n'entraîne pas de licenciements, a relevé Barbara Gysi (PS/SG).

Les dernières semaines ont montré la nécessité de relever le défi de la numérisation, a expliqué le ministre de finances Ueli Maurer. Le dossier est très complexe, mais l'administration a beaucoup appris de flops comme insieme. Selon le conseiller fédéral, un tel désastre ne se reproduira pas même si tous les problèmes ne seront pas résolus du jour au lendemain.