(ats) La Poste ne doit pas être désavantagée face aux autres livreurs de journaux. Le Conseil des Etats a enterré mardi par 31 voix contre 8 une motion de Damian Müller (PLR/LU) visant une égalité de traitement entre prestataires.

L'aide indirecte aux médias est un instrument important de la politique des médias. Mais elle ne doit absolument pas aboutir à un renforcement du monopole de la Poste, estime le motionnaire. Aujourd'hui, des sociétés comme Quickmail assurent une desserte dans l'ensemble du pays. Ces sociétés sont plus innovantes, notamment au niveau climatique, et moins chères.

Dans le cadre des mesures de lutte contre le coronavirus, l'aide indirecte aux médias a été liée au monopole de la Poste, a critiqué le Lucernois. L'aide indirecte doit être ouverte à des tiers afin de ne pas les pénaliser.

Pas d'incitation

Même si l'aide indirecte à la presse était étendue, les fournisseurs privés ne seraient pas pour autant incités à distribuer quotidiennement des publications dans les régions peu peuplées. La Poste est tenue, de par son mandat légal, d'assurer ce service onéreux pour l'ensemble de la Suisse et au même tarif, a rappelé la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

La structure des coûts nettement plus avantageuse, combinée aux réductions de prix découlant de l'aide indirecte à la presse, permettrait aux prestataires privés de fixer des prix avec lesquels la Poste ne peut pas rivaliser. Il ne resterait à la Poste que les offres les moins rentables.

Une ouverture de l'aide indirecte à la presse ne stimulerait donc pas la concurrence. Elle laisserait plutôt les segments de marché économiquement lucratifs à d'autres fournisseurs.