(ats) Les enfants devraient pouvoir être soignés même si leurs parents ne paient pas leurs primes d'assurance maladie. Par 137 voix contre 45, le Conseil national a donné son aval mardi à une motion en ce sens d'Angelo Barrile (PS/ZH).

Sept cantons tiennent des listes noires de mauvais payeurs de primes qui n'ont droit qu'aux prestations d'urgence. Si des parents figurent sur ces listes, leurs enfants en paient les conséquences et les caisses ne remboursement plus leurs traitements médicaux, sauf en cas d'urgence.

Des traitements médicaux ou des vaccinations ont déjà été refusés pour cette raison, a défendu Angelo Barrile. C'est une situation honteuse pour un pays comme la Suisse, a-t-il dénoncé.

Inscrire des enfants sur les listes noires contrevient à la Convention relative aux droits de l'enfant. Selon l'UNESCO, le droit de bénéficier du meilleur traitement médical possible est un droit fondamental de l'enfant. Tous les enfants qui vivent en Suisse doivent avoir le même accès aux soins médicaux, indépendamment de leur origine et du statut socio-économique de leurs parents.

Pour Verena Herzog (UDC/TG), ces listes noires ont montré leur efficacité. L'élue UDC y voit un "signe de solidarité" évitant de pénaliser les personnes qui paient leurs primes. Le modèle développé dans son canton permet par ailleurs de mettre en place un suivi personnalisé des assurés, a-t-elle souligné.

Ce projet était soutenu par le Conseil fédéral. Alain Berset a souligné que la question des listes noires reviendrait au Parlement: la commission de la sécurité sociale du Conseil des Etats a mis en juin en consultation un projet visant à les supprimer.