Au contraire: sur les réseaux sociaux, ils ont appelé leurs sympathisants à les rejoindre sur place. S'il y a suffisamment de monde sur la Place fédérale, alors la police ne pourra pas procéder à une évacuation, argumentent-ils. "Nous sommes venus pour rester", indique un appel diffusé sur le service de messagerie Telegram.
La ville de Berne s'attend en revanche à ce que les militants quittent les lieux à midi et déplacent leur campement à la Kleine Schanze ou à la Waisenhausplatz, toutes deux situées à quelques centaines de mètres de la Place fédérale.
Le gouvernement de la ville veut décider cet après-midi de la suite à donner, après avoir pris connaissance de la réponse des activistes. Une expulsion par la police n'est pas exclue.
Seule une partie du camp évacuée
Les activistes n'ont évacué qu'une partie des lieux dans la nuit de lundi à mardi afin de permettre la tenue du marché hebdomadaire. Ils ont laissé debout leurs trois grandes tentes, de même que les toilettes mobiles.
Seuls une partie des marchands forains ont pu installer leur stand dans un premier temps, a constaté à l'aube un photographe de Keystone-ATS. Plusieurs d'entre eux sont repartis, faute d'avoir trouvé une place.
Tôt le matin, activistes du climat et marchands ont tenté une sorte de cohabitation, les premiers se tenant aux abords de la Place fédérale ou dormant encore dans leurs sacs de couchage.
Les marchands n'ont pas caché que la situation leur déplaît et qu'ils craignent un manque à gagner. Avec la crise du coronavirus, le nombre de stands est déjà nettement limité sur la place, ont-ils rappelé.
Situations à risque
Le directeur municipal de la sécurité Reto Nause (PDC) a dit comprendre le mécontentement des forains. Ils ont pu monter une quinzaine de stands seulement, soit la moitié de ce qui est autorisé actuellement en raison du coronavirus. Selon lui, il y a aussi eu des situations à risque: il n'a pas été facile pour les marchands de s'installer avec leurs lourds véhicules parmi les activistes dormant par terre.
Les transports publics ainsi que les voies d'évacuation et de sauvetage sont également entravés, constate Reto Nause.
Des centaines de militants pour le climat occupent la Place fédérale depuis lundi matin. Ils prévoient d'y rester toute la semaine à l'occasion de la semaine "Debout pour le changement". Ils entendent ainsi protester contre le système économique et politique, responsable selon eux de la crise climatique. L'action est organisée conjointement par la Grève du Climat, Collective Climate Justice et Extinction Rebellion.
Ville de Berne sous pression
Malgré des demandes d'évacuation de la part de parlementaires bourgeois et des présidences des Chambres fédérales, le gouvernement rouge-vert de la ville de Berne a plutôt choisi de trouver une solution à l'amiable avec les activistes.
Lundi soir, le Conseil national avait approuvé une motion d'ordre de l'UDC appelant la ville de Berne à évacuer la place. Mardi à la mi-journée, il a rejeté par 90 voix contre 79 et 16 abstentions une nouvelle motion d'ordre de l'UDC exigeant le rétablissement de l'état de droit sur la Place fédérale et dénonçant la responsabilité de la ville de Berne pour son inaction.
"Nous ne pouvons pas tolérer une action illégale devant le Palais fédéral", a affirmé Esther Friedli (UDC/SG), dénonçant "un affront" fait aux citoyens qui respectent la loi.
La présidente de la Chambre du peuple Isabelle Moret (PLR/VD) a de son côté rappelé que les présidents des deux Chambres, la délégation administrative et le Conseil d'Etat bernois sont intervenus "sans équivoque" auprès de la ville pour que la loi soit appliquée et que le Parlement puisse siéger. Il n'appartient pas au parlement de se substituer aux autorités de la ville de Berne, a-t-elle ajouté.
Il est interdit depuis 1925 de manifester sur la Place fédérale pendant les sessions parlementaires.