(ats) Un centre d'aide devrait être mis en place en Suisse pour signaler les abus dans le domaine du sport. Le Conseil national a voté par 133 voix contre 44 pour des mesures après les mauvais traitements dénoncés par d'anciennes gymnastes de haut niveau.

"Un cas d'abus est un cas de trop", a souligné Simone de Montmollin (PLR/GE). La situation ne peut s'améliorer "que si les cas sont détectés suffisamment tôt", a-t-elle ajouté.

Le texte demande la création d'un centre d'aide ou d'un service de signalement national indépendant auprès duquel les athlètes pourraient signaler les abus survenus dans le domaine du sport. Il devrait recueillir les violences physiques, psychiques ou sexuelles, de mobbing ou d'abus de pouvoir. Le Conseil des Etats a adopté mardi une motion identique.

Début novembre, huit anciennes gymnastes de haut niveau ont dénoncé les méthodes d'entraînement et les mauvais traitements à Macolin dans un reportage paru dans le "Magazin" du Tages Anzeiger. Elles parlent notamment d'une culture de la peur qui prévaut dans le centre sportif et d'abus psychologiques.

"Froid dans le dos"

L'udc s'est opposée à la motion. "Ça fait froid dans le dos", a souligné Nadja Umbricht Pieren (UDC/BE). Elle s'est dite convaincue de la nécessité d'agir, mais a estimé qu'un service de signalement ne serait pas suffisant. Elle a plaidé en vain pour attendre la publication du rapport demandé par le Département des sports sur les méthodes d'entraînement au centre de Macolin, afin de trouver la meilleure solution possible.

"Un centre d'aide ne suffit pas", a admis la cheffe du DDPS, Viola Amherd, mais il est nécessaire d'agir. Les travaux sont déjà en cours pour la mise en place d'un tel centre. Une fois les résultats du rapport connu, d'ici au milieu de l'année prochaine, il faudra prendre d'autres mesures, notamment pour contrôler que la charte éthique soit respectée, a souligné la conseillère fédérale.

Pour la cheffe du DDPS, ce service indépendant est nécessaire. Certaines fédérations ont mis en place un organe d'annonce. Mais certaines pas. Il faut une structure nationale. La motion laisse encore beaucoup de marge de manoeuvre sur le financement et les contours de ce centre. La Confédération doit travailler avec Swiss Olympic pour introduire ce service en 2022.

Après plusieurs incidents, la Fédération suisse de gymnastique s'était déjà dotée en 2018 d'un code de déontologie et avait mis en place une commission d'éthique.