L'Algérie compte parmi les cinq principaux Etats de provenance des requérants et est la première sur la liste des renvois pendants (557 cas au 31 octobre dernier), souligne le Lucernois. Les requérants algériens n'ont toutefois quasiment aucune chance de pouvoir rester en Suisse. L'an dernier, seuls 2% d'entre eux ont obtenu l'asile.
L'Algérie refuse de reprendre ses ressortissants renvoyés par vols spéciaux, ce qui permet à ces derniers de refuser eux aussi d'être renvoyés. Selon les cantons, les problèmes liés aux ressortissants algériens sont à la hausse, comme cela avait été le cas après le Printemps arabe.
Accusant le Conseil fédéral de "se mettre la tête dans le sable", M. Müller lui demande de négocier une convention avec l'Algérie pour permettre les rapatriements par voie maritime et d'obtenir d'un pays de transit une autorisation pour accéder à la mer. Un tel système fonctionne "très bien" avec le Maroc, affirme le motionnaire, qui exige aussi l'envoi d'un officier de liaison "immigration" à Alger.
Frontières fermées
Les frontières sont fermées, on ne peut tout simplement pas renvoyer des gens en Algérie, a répondu la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. Selon elle, la pandémie de coronavirus a freiné une évolution qui était "positive" jusqu'à il y a une année.
La ministre de la justice a par ailleurs souligné que dans la quasi-totalité des cas, la Confédération a déposé une demande dans le cadre du système de Dublin pour renvoyer les personnes dans le premier pays d'entrée en Europe. Mais, là aussi, la pandémie a empêché des transferts vers la France ou l'Italie.