(ats) Le Conseil fédéral doit analyser plus en profondeur la question du "Covid long". Le Conseil des Etats a accepté par 27 voix contre 10 un postulat de sa commission le chargeant de présenter un rapport sur la situation et la prise en charge des patients subissant des séquelles à long terme à la suite d'infection au Covid-19.

"Ce n'est en aucun cas un débat mineur", a souligné Marina Carobbio (PS/TI) au nom de la commission. La maladie pourrait avoir des conséquences à long terme et toucher des centaines de milliers de personnes en Suisse, a-t-elle souligné. Des mesures devraient être proposées pour assurer le traitement des personnes atteintes du "Covid long" ainsi que pour garantir le financement des programmes de traitement destinés à ces patients.

Affaire "très sérieuse"

"L'affaire est très sérieuse", a admis le ministre de la santé Alain Berset. Une série de démarches et de recherches sont déjà en cours, a toutefois précisé le Fribourgeois, appelant à rejeter le postulat. Le Conseil fédéral estime que c'est aux sociétés de discipline médicale qu'il revient de décider du traitement approprié et de formuler des recommandations à cet égard.

Un rapport de plus ne contribuerait pas à la résolution du problème. Le plus urgent est de garantir une bonne intégration des patients concernés dans notre système de santé, a souligné le conseiller fédéral.

Tirer les enseignements

Le Conseil des Etats a par ailleurs approuvé tacitement une motion du National demandant au Conseil fédéral de tirer les enseignements de la pandémie pour le système de santé. Le gouvernement doit proposer des mesures appropriées, notamment sur le passage d'urgence au numérique dans le domaine de la santé.

C'est une évidence qu'il faut travailler dans ce sens, a abondé Alain Berset, précisant que les analyses ont déjà commencé. Le Conseil fédéral prévoit de présenter dans un rapport les expériences faites au cours de la pandémie actuelle et y examinera les aspects mentionnés dans la motion.

Les sénateurs ont en revanche rejeté, par 28 voix contre 14, une motion de Marina Carobbio, demandant des mesures d'urgence pour diminuer le risque de pauvreté et le recours à l'aide sociale dans le cadre de la crise du coronavirus. La pauvreté en Suisse était déjà en augmentation avant la crise et nous voyons que la situation devient de plus en plus difficile, a plaidé en vain la Tessinoise. Les conséquences sociales du coronavirus sont loin d'être terminées, a-t-elle prévenu.

"Nous avons fait beaucoup de choses", a indiqué Alain Berset, qui s'opposait à la motion. Le Conseil fédéral a lancé dès le mois de mars un immense programme de soutien à l'économie. Les personnes touchées par la crise "n'y peuvent rien", a rappelé le ministre. Les mesures semblent fonctionner. Jusqu'ici, on ne constate pas de fortes augmentations des demandes à l'aide sociale, a-t-il expliqué, soulignant toutefois qu'il fallait porter une attention particulière à la situation.