(ats) La loi Covid-19 ne comprendra finalement pas de date de réouverture. Le National a balayé lundi plusieurs propositions en ce sens.

Contre l'avis de sa commission, la Chambre du peuple a largement refusé d'inscrire le 22 mars comme date de réouverture des restaurants, théâtres, salles de fitness ou encore stands de tir dans la loi. Pas question non plus de lever le télétravail à cette date, comme le souhaitait l'UDC.

"Il est absurde d'indiquer dans la loi une date, alors que la situation épidémiologique peut évoluer", a dénoncé Samuel Bendahan (PS/VD). "Nous devons laisser le Conseil fédéral décider de toutes les mesures." Jürg Grossen (PVL/BE) s'est lui élevé contre une mesure irresponsable. "Nous n'avons pas à faire avec un virus qui fait ce qu'on veut ou ce qu'on écrit dans la loi."

"Beaucoup de personnes à risque ne sont pas encore vaccinées. Ecrire une date dans la loi sans prendre en compte la situation épidémiologique mettrait des vies en jeu", a complété Regula Rytz (Verts/BE), qui a critiqué une politique symbolique. "L'ouverture doit survenir aussi rapidement que possible, mais pas plus rapidement."

Le Centre et le PLR se sont, à la grande majorité, rangés derrière ces avis. L'UDC, qui voulait même avancer la réouverture au 1er mars, s'est retrouvée quelque peu isolée. "Tous les indicateurs sont à la baisse. A l'inverse, les dettes augmentent", a tenté de plaider Thomas Burgherr (UDC/AG). Sans succès.

Les restaurants pourront toutefois toujours servir de cantines pour les travailleurs en plein air, même si les autorités ordonnent la fermeture des établissements. Les conducteurs de camion doivent quant à eux disposer de suffisamment d'installations sanitaires.

Task force libre

Pas question non plus d'instaurer un système d'ampoules, permettant d'autoriser ou non certaines activités, comme le souhaitait la commission. "Le Conseil fédéral a toujours travaillé avec des critères", a pointé le ministre de la santé Alain Berset. "Les critères nous aident à aller dans la bonne direction. Mais il n'y a pas d'automatisme."

Le Fribourgeois a également rappelé avoir déjà essayé une sorte de système d'ampoules. "Cela n'a pas fonctionné."

Les députés ont encore refusé de suivre leur commission sur la task force scientifique. Une proposition visait à encadrer les prises de parole publiques de l'organe. Seul le président aurait été autorisé à le faire, après consultation de l'Office fédéral de la santé publique.

"Canaliser la liberté de la science et du débat démocratique nous ridiculiserait en Suisse et à l'étranger", a mis en garde Sophie Michaud Gigon (Verts/VD). Plusieurs autres orateurs ont appelé à laisser le Conseil fédéral et la task force de gérer seuls leur relation.