Les médicaments sont encore testés avant tout sur des hommes. "Les femmes sont ignorées ou largement sous-représentées dans de nombreuses études médicales", a critiqué Martina Munz (PS/SH), reprenant une motion de Bea Heim (PS/SO).
"Les symptômes des hommes sont alors considérés comme typiques et ceux des femmes comme atypiques", a-t-elle poursuivi. Les conséquences peuvent être graves. Lors d'un infarctus, une femme ayant des symptômes atypiques sera prise en charge plus tardivement. Le risque de mortalité en est ainsi accru.
Les dosages des médicaments peuvent aussi s'en trouver erronés. Et la Schaffhousoise d'illustrer: ce n'est qu'après plusieurs accidents de conductrices que les dosages de somnifères ont été adaptés pour les femmes. Selon elle, une médecine scientifiquement fondée se doit de tenir compte des spécificités de chaque sexe dans la recherche, la prévention, les diagnostics et les traitements.
Responsabilité des sociétés
"Certains éléments indiquent que les différences liées au sexe ne sont pas assez prises en compte dans la médecine", a reconnu le ministre de la santé Alain Berset. La mise en oeuvre d'éventuelles mesures relève toutefois avant tout de la responsabilité des sociétés de discipline médicale et de la recherche.
Le Conseil fédéral ne peut donc donner suite à la motion, a-t-il poursuivi. Il est toutefois disposé à rédiger un rapport censé servir de base pour la préparation de mesures concrètes avec différents acteurs. Les députés se sont rangés derrière ses arguments.