Lancée en janvier 2017 par l'Association suisse des infirmières et infirmiers, l'initiative populaire veut revaloriser le métier. Elle réclame notamment des conditions plus attrayantes et des salaires appropriés surtout lors de la formation.
Les sénateurs n'en veulent pas. Le contre-projet, élaboré à la session de printemps, est mieux ficelé, à leurs yeux. C'est une bonne proposition, a souligné Erich Ettlin (Centre/OW) au nom de la commission. Les compétences des infirmiers seront étendues. Ces derniers pourront effectuer et facturer des prestations sans prescription ou mandat d'un médecin.
Formation encouragée
La formation sera également encouragée. Les cantons verseront des aides aux étudiants en soins infirmiers pour les aider à subvenir à leurs besoins durant leur formation et encourager l'accès à ces études. La Confédération les soutiendra financièrement.
"Le contre-projet indirect constitue une véritable offensive en matière de formation. Un demi-milliard de francs sera utilisé à cette fin sur huit ans", a chiffré le ministre de la santé Alain Berset, louant un texte "très fort".
Alors que sa population vieillit, la Suisse peine à recruter du personnel soignant. Selon des estimations, 65'000 soignants manqueront d'ici 2030. Les besoins seront particulièrement importants dans les services d’aide et de soins à domicile, dans les cliniques de rééducation et dans les établissements médico-sociaux.
Conditions de travail à améliorer
La gauche reconnait que des efforts ont été faits. Mais ce n'est pas assez. "Le contre-projet ne comporte aucune mesure permettant d'augmenter le personnel de santé" ou ses conditions de travail, a critiqué Marina Carobbio Guscetti (PS/TI). Or, la pandémie a démontré l'importance et la difficulté du travail effectué par les infirmiers.
La charge de travail est très importante et la conciliation entre famille et travail est difficile, a poursuivi la Tessinoise. L'initiative doit permettre d'éviter que le personnel de santé ne quitte prématurément leur travail.
Le camp rose-vert n'a toutefois pas réussi à faire valoir son point de vue. "Les conditions de travail sont du ressort des employeurs", lui a opposé Erich Ettlin. C'est dans leur intérêt de les rendre attractives pour leurs salariés. Les initiants ont eux annoncé se réunir après la session d'été pour décider s'ils veulent garder leur initiative ou la retirer.