(ats) Après le Conseil des Etats, le Conseil national a accepté lundi à son tour les comptes 2020 de la Confédération. Lourdement marqués par la crise du coronavirus, ceux-ci bouclent sur un déficit record de 15,8 milliards de francs.

L'impact de la pandémie se monte à 14,7 milliards de francs. Le budget prévoyait un bénéfice de 344 millions. Les principales dépenses liées au coronavirus sont allées aux indemnités pour le chômage partiel (10,8 milliards) et aux allocations pour perte de gain (2,2 milliards).

Sans ces frais, le déficit aurait été de 1,2 milliard de francs, a expliqué Jean-Paul Gschwind (Centre/JU) au nom de la commission. Ce découvert s'explique notamment par la diminution des recettes (-3,7 milliards), le produit de l’impôt anticipé et de la TVA, étant resté inférieur aux prévisions du budget.

La dette brute s’est accrue de 6,6 milliards de francs pour s'inscrire à 103,6 milliards, ce qui correspond à 14,7 % du PIB. La dette nette a progressé de 15,3 milliards pour atteindre 70,2 milliards. En comparaison internationale, ce niveau reste raisonnable, a estimé M. Gschwind.

Endettement en question

Le Conseil national a largement approuvé ces comptes. Mais la situation financière de la Confédération n'a pas laissé les partis indifférents. "Nous ne devons pas laisser à nos enfants et petits-enfants les dettes que nous avons créées", a affirmé Lars Guggisberg (UDC/BE). "C'est à notre génération de l'absorber", a-t-il ajouté, estimant que l'Etat devra se serrer la ceinture.

Il ne faut pas baisser la garde, a poursuivi Jacques Bourgeois (PLR/FR). Le frein à l'endettement doit être maintenu.

Cette dette est supportable pour la Suisse, a noté Roland Fischer (PVL/LU). Il faut une solution pragmatique. Cette situation est exceptionnelle en terme de déficit, mais l'économie va se reprendre, a relevé Alois Gmür (Centre/SZ).

Il est possible de sortir de cette crise sans douleur, a expliqué Daniel Brelaz (Verts/VD). Le taux d’endettement de l'Etat s'élève à 28,2% en 2020. Tous les pays de l'UE à l'exception de la Suède sont en moyenne à 101%. Il n'y a pas de raison de paniquer, selon l'écologiste vaudois.

Gestion à maîtriser

La pandémie n'a fait qu'accroître les inégalités de fortune et de revenus. La gestion de la crise et de la dette doit se faire sans passer par des mesures d'austérité, a relevé Claudia Friedl (PS/SG). "Nous avons six années pour combler ces dettes, le délai devrait être fixé à 15 ans", a proposé Sarah Wyss (PS/BS).

Il faudra rembourser ces dettes d'une manière ou d'une autre, a répondu le ministre des finances Ueli Maurer. Le découvert lié à la pandémie devrait atteindre 30 milliards de francs. Pas moins de sept motions proposant comment la résorber ont été déposées. Il n'y pas de raison d'en lancer de nouvelles, a prévenu le grand argentier de la Confédération.

Le Conseil fédéral va envoyer sa solution en consultation cet été. Le message qui sera transmis au Parlement prendra en compte les différents avis et devrait pouvoir obtenir la majorité, a promis M. Maurer.