(ats) Une enfant et une adolescente genevoises, enlevées par leur mère partie rejoindre l'Etat islamique, ne devraient pas encore rentrer de Syrie. Elles sont toutefois en train de reconstruire leur relation avec leur père à distance, a indiqué mardi le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis.

La mère refuse toujours de laisser ses filles quitter le camp de Roj, géré par les unités kurdes des Forces démocratiques syriennes, a précisé le conseiller fédéral en réponse à une interpellation de Carlo Sommaruga (PS/GE). Or c'est une condition nécessaire pour que le Conseil démocratique syrien autorise le rapatriement.

Appels téléphoniques

Berne a donc revu sa stratégie selon deux axes, a continué Ignazio Cassis. Depuis plusieurs mois, pères et filles ont recommencé à communiquer grâce à des appels téléphoniques.

Le but est d'intensifier les relations pour encourager les filles à rentrer en Suisse, a expliqué le Tessinois. L'une d'entre elles a 16 ans. Elle est donc majeure, selon le droit syrien. Mais elle refuse encore de revenir sans sa mère et ses soeurs.

La Suisse oeuvre également pour améliorer leurs conditions de détention, a-t-il poursuivi. La famille a été transférée du camp d'al-Hol, où les conditions sont très difficiles, au camp de Roj, mieux organisé et à même d'accompagner les problèmes de santé de l'aînée, qui a notamment eu une blessure à la jambe.

Le ministre a encore rappelé que son département était prêt à tout moment à délivrer les documents nécessaires au rapatriement des enfants. Il déconseille également les démarches privées, en raison des nombreux risques encourus lors de voyages dans la région.

La mère avait pris les deux enfants pour des vacances en 2016, mais a terminé avec elles en Syrie auprès des djihadistes de l'Etat islamique (EI). A partir du moment où ils ont su leur location, les deux pères n'ont eu de cesse de plaider pour leur retour.

Violation du droit international

Berne essuie de nombreuses critiques concernant sa politique de rapatriement des ressortissants helvétiques radicalisés ayant rejoint l'EI. Récemment, vingt experts onusiens l'ont appelé à rapatrier les deux filles genevoises, estimant que la Suisse viole le droit international en les laissant en Syrie.

En 2019, le gouvernement mentionnait une vingtaine de ressortissants suisses détenus en Syrie ou en Irak pour des motifs terroristes présumés. Il avait expliqué son refus de rapatrier activement ces individus par des raisons sécuritaires, tout en admettant que ces personnes ont le droit de revenir sur le territoire.