(ats) L'éventuelle double nationalité des parlementaires et des conseillers fédéraux doit être rendue publique afin de garantir plus de transparence. Le National a accepté jeudi par 115 voix contre 64 un projet de commission en ce sens.

Le texte fait suite à une initiative parlementaire de Marco Chiesa (UDC/TI) déposée en 2018. Selon lui, la double nationalité présente des avantages pouvant influer les parlementaires concernés. Elle doit donc être rendue publique. Ce au même titre que les liens d'intérêts que les parlementaires doivent déjà annoncer, comme les activités professionnelles ou les liens avec différents organes ou commissions.

Plusieurs orateurs issus des rangs du PLR, du PVL et du Centre ont eux précisé que la double nationalité ne constitue pas un lien d'intérêt à proprement parlé. La double nationalité est, au contraire, une réalité sociale positive, a précisé Tiana Angelina Moser (PVL/ZH). Cela dit, la connaissance de cette information reste utile. C'est le cas notamment pour les négociations internationales, a précisé Marco Romano (Centre/TI).

Concrètement, l'indication des nationalités devra figurer dans les notices biographiques des parlementaires publiés sur Internet. Les députés ont accepté par 96 voix contre 79 d'étendre cette mesure aux conseillers fédéraux, comme voulu par les Vert'libéraux, le PLR et l'UDC.

"Discriminatoire"

Le camp rose-vert était lui totalement opposé au projet. "C'est tout simplement discriminatoire", a déclaré Irène Kälin (Verts/AR). Cela revient à créer deux catégories de citoyens et donne à penser que les titulaires de nationalités multiples sont susceptibles de faire preuve de déloyauté, a-t-elle plaidé. En vain.

En outre, les députés ont décidé par 175 oui contre 4 non de supprimer l'obligation de publier l'adresse postale des députés, ne la jugeant plus adéquate aux pratiques actuelles.

Le dossier passe au Conseil des Etats.

En 2018, le Parlement avait rejeté une autre initiative de Marco Chiesa visant à interdire la double nationalité pour les membres du gouvernement. La question de la double nationalité chez les conseillers fédéraux avait suscité le débat lors de l'élection de 2017 au Conseil fédéral. L’actuel chef du Département fédéral des affaires étrangères, Ignazio Cassis, avait de lui-même abandonné sa nationalité italienne.