La Suisse vit depuis la fin février 2020 en état de situation particulière, voire de situation extraordinaire, a rappelé Thomas Aeschi (UDC/ZG). Cette situation accorde des compétences extraordinaires au Conseil fédéral: il peut notamment ordonner le port du masque dans les trains ou fixer le nombre de convives maximum dans les espaces intérieurs des restaurants.
La situation a changé ces derniers mois: le nombre des nouvelles infections a fortement reculé, la vaccination progresse et le système sanitaire ne risque plus d'être submergé. Il est temps de revenir à l'état normal et de "rétablir la séparation des pouvoirs", pour que le Parlement puisse à nouveau jouer son rôle dans l'élaboration des règles prévalant en Suisse, a insisté M. Aeschi.
Sortie de crise "ordonnée"
Soulignant lui aussi l'évolution favorable sur le plan sanitaire, Alain Berset a appelé les députés à rejeter la motion. "Nous voulons sortir de manière ordonnée et rapide" de la crise, a-t-il affirmé. Pour cela, il est nécessaire d'avoir des règles uniformes sur le plan national - et non 26 règles différant selon les cantons.
Le ministre de la santé a rappelé que quatre pas d'ouverture ont déjà été mis en oeuvre depuis l'hiver et qu'un cinquième a été mis en consultation vendredi dernier.
Depuis le dépôt de la motion, le Conseil fédéral a surtout présenté le modèle "des trois phases" qui présente les ouvertures possibles en fonction de l'avancement de la vaccination. Accepter la motion reviendrait à remettre en cause ce modèle. Cela provoquerait une grande insécurité, notamment pour les organisateurs de manifestations prévues cet été, a-t-il plaidé.
Le Conseil des Etats consacrera lui aussi jeudi une session extraordinaire à ce sujet, avec une motion au contenu identique.