(ats) Le Conseil national veut des garanties en matière de droits humains pour les prochaines étapes des relations avec la Chine. Il a adopté mardi une motion de sa commission par 106 voix contre 81. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

Le texte demande au Conseil fédéral de systématiquement mettre en oeuvre la Stratégie Chine en matière de droits humains. Le dialogue avec la Chine doit être repris, à tous les niveaux hiérarchiques. Les compétences spécifiques à cette question doivent être renforcées au sein des représentations suisses en Chine.

Celles-ci doivent accentuer leur soutien aux acteurs de la société civile chinoise qui s'engagent pour le respect des droits humains. Elles doivent aussi mettre en place une offre de conseil qui permette aux entreprises présentes dans le pays de veiller au respect des droits de l'homme.

On espérait que la Chine s'ouvre non seulement à des mesures d'économie libérale mais aussi à des avancements en matière de droits humains, mais on a été déçu, a expliqué Roland Fischer (PVL/LU) au nom de la commission. Il a évoqué en exemple l'oppression à Hong Kong ou la situation des Ouïghours dans le Xinjiang.

Ni la croissance économique ni un dialogue discret de la Suisse n'ont eu les effets escomptés, a complété Nicolas Walder (Verts/GE). Le Conseil fédéral a toujours refusé de lier les questions économiques et politiques, jugeant inutile de froisser la Chine et estimant que la croissance économique forcerait ce pays à devenir une démocratie libérale, a-t-il regretté.

La qualité plutôt que la quantité

La stratégie du gouvernement est déjà très critique à l'égard du système politique chinois et de sa manière de respecter les droits humains, a avancé en revanche Hans-Peter Portmann (PLR/ZH). Il estime qu'elle renforce les relations avec la Chine à tous les niveaux, y compris en matière de droits humains.

Il faut laisser le Conseil fédéral montrer les résultats qu'il obtient, selon Le Zurichois. Et encore de signaler l'importance de la Chine. "Mieux vaut avancer avec elle."

La thématique des droits humains doit déjà être abordée dans tous les entretiens bilatéraux et multilatéraux, a rappelé Ignazio Cassis. Le Conseil fédéral est d'accord sur le fond, mais les éléments de la motion font déjà partie de la Stratégie Chine.

Le seul changement est le renforcement en ressources du personnel mais ceci n'est pas utile, a souligné le Tessinois. Ce qui compte selon lui, c'est la qualité, pas la quantité. "Plus de personnel sur place ne changerait pas la position de la Chine en matière de droits humains."