(ats) La progression des germes résistants aux antibiotiques inquiète le Parlement. Après le National, le Conseil des Etats a approuvé mardi l'idée d'une approche globale de lutte.

Les sénateurs ont tacitement adopté une motion demandant au gouvernement de renforcer sa stratégie "Une seule santé". Il devra y intégrer une approche systémique de la recherche sur la propagation de l'antibiorésistance chez les êtres humains, les animaux et dans l'environnement.

Actuellement, très peu d'études contribuent à améliorer la compréhension de ces liens systémiques complexes, a pointé Maya Graf (Verts/BL) pour la commission. Mieux comprendre ces interactions serait pourtant un atout majeur pour le développement de la Stratégie Antibiorésistance Suisse.

Pas de recherche

Les projets de recherche, étudiant l'utilité des médecines complémentaires pour éviter les résistances aux antibiotiques, ne doivent en revanche pas être encouragés. Le Conseil des Etats a rejeté par 22 voix contre 11 une motion d'Edith Graf-Litscher (PS/TG).

Les acteurs du domaine ont pu participer à la Stratégie Antibiorésistance Suisse et proposer des projets dans le cadre de programmes de recherche, a rappelé le rapporteur de commission Hannes Germann (UDC/SH). Les objectifs de la motion sont atteints.

Un avis réfuté par la gauche. A ses yeux, la Confédération doit devenir plus active pour mieux exploiter le potentiel de la médecine complémentaire. Des travaux de recherche sont nécessaires.

Mesures déjà prises

Pas question non plus d'éliminer les "incitations pernicieuses" à l'utilisation d'antibiotiques en médecine vétérinaire, comme le souhaite une motion de l'ancienne députée Bea Heim (PS/SO). De nombreuses mesures ont déjà été prises, a argumenté Peter Hegglin (Centre/ZG) au nom de la commission. Les ventes d'antibiotiques destinés à la médecine vétérinaire ont ainsi diminué de plus de moitié entre 2011 et 2020. La motion est superflue.