Ces établissements ne disposent souvent pas du capital propre nécessaire à la réalisation des investissements les plus urgents ou rencontrent des difficultés pour obtenir un crédit de la part des banques, a pointé Prisca Birrer-Heimo (PS/LU) au nom de la commission. Il en résulte des lacunes de financement et seules les rénovations les plus urgentes peuvent être effectuées.
Avec le programme proposé, la Confédération contribuerait à soutenir le tourisme alpin, mais aussi à remplir ses objectifs énergétiques, selon la Lucernoise. Et de rappeler que les hôteliers renoncent fréquemment aux mesures de grande envergure en matière d'efficacité énergétique. Les hôteliers ont particulièrement été touchés par la crise du coronavirus, a-t-elle poursuivi. "Le temps presse."
Un financement spécial ne serait toutefois accordé que sous condition. Les établissements devront présenter des plans d'affaires réalistes et un changement d'affectation des immeubles sera exclu.
Une mesure à laquelle une grande partie de la droite s'est opposée. Le Conseil fédéral vient de décider d'un programme "recovery", a relevé Thomas Aeschi (UDC/SZ). Un programme parallèle n'est pas nécessaire. "Il mènerait à de grandes injustices. Ce serait de nouveau les établissements non rentables qui seraient soutenus. Les établissements rentables ont eux déjà fait les investissements nécessaires."
Pas de coup de pouce pour le tourisme
Par 91 voix contre 86 et 12 abstentions, les députés ont en revanche rejeté une motion du Conseil des Etats voulant instaurer un programme d'impulsion pour le tourisme suisse. L'objectif du texte était de faciliter les investissements à venir dans le secteur pour une durée limitée.
Les instruments disponibles sont suffisants, a estimé la rapportrice de commission Céline Amaudruz (UDC/GE). Des modifications dans des domaines tels que l’aménagement du territoire, l’allègement de la bureaucratie et la simplification des procédures seraient préférables.
Un avis réfuté par la gauche et une partie du centre. Le secteur du tourisme a été le plus touché par la crise du coronavirus, a rappelé Nicolo Paganini (Centre/SG). Un tiers des établissements n'arrivent pas à faire face à leurs coûts sans aide étatique. Et plus de la moitié a réduit leurs investissements. Des mesures supplémentaires sont nécessaires.
S'il reconnait les difficultés auxquelles est confronté le secteur, Guy Parmelin a rappelé que les entreprises ne font actuellement pas face à des problèmes de liquidités. De nombreux instruments d'aide existent. "Un programme à court terme est une fausse bonne idée." Et le ministre de l'économie de critiquer une "politique d'arrosage qui manque sa cible".