(ats) La Suisse ne participera pas au "mécanisme de solidarité" européen, visant à répartir les personnes secourues en mer Méditerranée. Le National a rejeté mardi, par 97 voix contre 92, une série de motions de la gauche et du centre.

"Là où nous nous baignons avec nos enfants, les migrants meurent anonymes et en silence", a lancé Mattea Meyer (PS/ZH). Rien qu'au premier semestre de cette année, plus de 1100 personnes se sont noyées lors de leur traversée de la mer Méditerranée, a rappelé Vincent Maître (Centre/GE). Depuis le début de la crise migratoire en 2014, c'est plus de 22'000 personnes qui ont perdu la vie.

La Suisse doit participer au mécanisme de répartition, a poursuivi le Genevois. La force de ce système, basé sur le volontariat, est sa flexibilité. Chaque pays fournit ses propres critères. La France refuse par exemple d'accueillir des mineurs non accompagnés. Aucun changement législatif ne serait en outre nécessaire.

"Le sauvetage en mer est un devoir", a martelé Katharina Prelicz-Huber (Verts/ZH). Aucune solution ne se dessine du côté de l'Union européenne. La Suisse doit donc faire preuve d'un peu plus d'engagement.

Pourcentage minimal proposé

Concrètement, les auteurs des cinq motions, déposées en 2019, proposaient deux possibilités suggérées par le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. La Suisse aurait pu décider d'accueillir un pourcentage minimal (2%) de survivants recueillis à bord de chaque bateau d'ONG. Le mécanisme de solidarité pourrait ainsi être prévisible et de longues attentes évitées, selon les motionnaires.

Berne aurait aussi pu aider les pays côtiers, notamment l'Italie, Malte et l'Espagne, en accueillant dès à présent plusieurs centaines de migrants. Les centres d'accueil de ces Etats auraient ainsi été désengorgés.

Mécanisme pas convaincant

"Nous soutenons déjà l'Italie ou la Grèce. Et nous sommes prêts à aider Chypre", a relevé Karin Keller-Sutter. La ministre de justice et police ne souhaite toutefois pas participer au mécanisme de solidarité européen, car il est controversé. "Il n'a pas eu le succès escompté. L'Allemagne s'en est d'ailleurs retirée".

Le blocage sur la réforme de la politique migratoire européenne n'y est pas étranger. Les positions sont très diverses. Pour la conseillère fédérale, il vaudrait mieux avancer pas à pas, sur des points capables de recueillir une majorité. Elle a eu gain de cause.