Pour les autorités genevoises, le coût du dépistage peut être un facteur dissuasif pour certains assurés, avec pour conséquence un affaiblissement de l'efficacité de la lutte contre l'épidémie mise en place par les autorités sanitaires. Cette situation est encore aggravée par la précarisation d'une partie croissante de la population, en relation avec la crise économique liée et consécutive à la crise sanitaire.
La Confédération et les cantons ont d'ores et déjà engagé des moyens conséquents pour soutenir la population dans cette crise majeure. A l'inverse, "les caisses maladie n'ont à ce jour manifesté aucun signe de solidarité", accuse le canton du bout du lac.
Elles se réfugient derrière une législation adoptée pour une situation ordinaire, alors que tous les acteurs doivent faire face à une situation extraordinaire selon la loi sur les épidémies. Dans ce contexte, il s'impose de mettre les assureurs à contribution, au moyen de leurs réserves.
Pour les sénateurs, les exigences du canton de Genève sont déjà remplies: la Confédération prend en charge les analyses visant à dépister le coronavirus et les personnes testées ne doivent supporter aucun coût, a répliqué Peter Hegglin (Centre/ZG) au nom de la commission.
Ce système, qui rend le dépistage aisément accessible, s'est révélé très efficace. Il ne serait pas judicieux de prendre maintenant des mesures entraînant un profond changement de système. Par ailleurs, la commission constate que la solution actuelle est plus avantageuse pour les personnes qui se font tester qu'une prise en charge des coûts par les assureurs-maladie.
Le Conseil national doit encore se prononcer.