(ats) Les travailleurs italiens pourront continuer à exercer au Tessin. Le Conseil des Etats a enterré mercredi, par 27 voix contre 7, une motion de Marco Chiesa (UDC/TI) demandant une suspension provisoire de la libre circulation.

La pandémie a particulièrement touché le Tessin, a lancé le président de l'UDC Suisse. Si les emplois ont diminué de 0,35% en Suisse en raison de la pandémie de coronavirus, cette baisse a atteint 1,7% dans le canton italophone, soit cinq fois plus que la moyenne nationale.

Selon lui, les mesures d'accompagnement se sont révélées inefficaces. Le nombre de travailleurs étrangers n'a cessé d'augmenter au Tessin depuis 2004. Aujourd'hui, les travailleurs suisses sont en minorité dans le canton, a dénoncé M. Chiesa.

Des mesures doivent être mises en oeuvre immédiatement pour atténuer les conséquences de la crise économique et offrir des perspectives à la population, a-t-il exigé. Le comité mixte Suisse-UE doit se réunir et suspendre l'application de la libre circulation pour les régions les plus fragiles. La préférence indigène doit être réintroduite, de même que les contingents.

Mesures déjà prises

Des mesures ont été prises pour préserver les emplois, lui a opposé la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. L'indemnité pour chômage partiel a notamment été étendue et la procédure sommaire s'y rapportant prolongée. Les mesures pour les cas de rigueur ont aussi été renforcées.

C'est un fait, le Tessin fait partie du grand bassin économique de la Lombardie, a-t-elle poursuivi. Le canton "est victime de son propre succès". Et de rappeler que la libre circulation permettra de favoriser la reprise économique. L'économie suisse est tributaire des travailleurs étrangers, qui ont notamment exercé dans le domaine des soins pendant la pandémie.

La ministre de la justice a encore souligné que les professions soumises à l'obligation d'annonce sont plus nombreuses vu la hausse de chômage enregistrée depuis mars. Les demandeurs d'emploi en Suisse sont donc plus nombreux à bénéficier d'une avance de cinq jours sur leurs concurrents étrangers.