(ats) La Suisse devrait pouvoir renvoyer les requérants d'asile déboutés vers l'Algérie par la voie maritime. Le National a soutenu lundi, par 116 voix contre 64, une motion en ce sens du Conseil des Etats.

L'Algérie compte parmi les cinq principaux Etats de provenance des requérants et est la première sur la liste des renvois pendants. Alger refuse toutefois de reprendre ses ressortissants renvoyés par vols spéciaux, ce qui permet à ces derniers de refuser eux aussi d'être renvoyés, a pointé Matthias Samuel Jauslin (PLR/AG) pour la commission.

La motion charge donc le Conseil fédéral de négocier une convention avec l'Algérie pour permettre les rapatriements par voie maritime, d'obtenir d'un pays de transit une autorisation pour accéder à la mer et d'envoyer un officier de liaison "immigration" à Alger.

Pour que le système d'asile reste crédible, il faut pouvoir exécuter le rapatriement des requérants d'asile déboutés, a estimé Matthias Samuel Jauslin. Toutes les possibilités en la matière, y compris les renvois par voie maritime, doivent être explorées.

Pour la gauche, une telle solution n'est pas judicieuse. La collaboration avec Alger s'est améliorée au fil des années, a souligné Greta Gysin (Vert-e-s/TI).

Le nombre de renvois en suspens est passé de 900 en 2014 à 600 en 2019, a complété la ministre de justice et police Karin Keller-Sutter. Le Conseil fédéral entreprend beaucoup pour résoudre la problématique. Un tel mandat ne serait pas judicieux tactiquement. Ses arguments n'ont pas fait mouche.