Le droit européen, repris par la Suisse, prévoit que les pilotes d'hélicoptères doivent rester cloués au sol après 60 ans. Berne avait jusqu'à présent toujours réussi à obtenir une dérogation pour les vols nationaux. Mais le régime d'exception a pris fin en 2020.
Jugeant cette disposition "arbitraire", la commission des transports du National a déposé une motion pour contrer ce problème. Le régime de dérogations a fait ses preuves, a souligné Hans Wicki (PLR/NW) au nom de la commission des transports du Conseil des Etats.
Il n'y a pas de risque médical accru susceptible de compromettre la sécurité des vols chez les pilotes d'hélicoptères professionnels plus âgés, tant qu'ils passent les tests médicaux ad hoc et sont jugés aptes à voler. En outre, la pénurie de personnel qualifié qui se profile à l'horizon parle également en faveur du relèvement de la limite d'âge.
Une dizaine de pilotes concernés
Le Conseil fédéral s'opposait au projet. Il ne s'agit pas de juger si la règle européenne se justifie ou pas, a souligné la ministre des transports Simonetta Sommaruga. L'accord bilatéral sur le transport aérien est extrêmement important et il faut procéder à une pesée d'intérêts, a-t-elle ajouté.
La Confédération n'a pas d'intérêt à un conflit avec l'Union européenne qui risquerait de déboucher sur des mesures de rétorsion, a-t-elle dit, précisant que seule une dizaine de pilotes sont concernés.
M. Wicki a rejeté ces craintes. Des mesures se dessinent aussi au sein de l'UE pour relever la limite de 60 ans. Le risque de rétorsion est ainsi limité, a estimé le sénateur nidwaldien.
La Chambre des cantons avait accepté le 15 juin une motion similaire déposée par Erich Ettlin (Centre/OW).