Irène Kälin est devenue lundi la première citoyenne de Suisse. Le Conseil national a élu la Verte argovienne présidente par 151 voix sur 166 bulletins valables. L'islamologue de formation est seulement la deuxième Verte et la quinzième femme à occuper cette fonction.
L'Argovienne succède à Andreas Aebi (UDC/BE) à la présidence du Conseil national, quatre ans seulement après son arrivée à Berne. "C'est un grand honneur. Cette fonction est plus grande que moi", a déclaré Irène Kälin dans son discours.
La Verte entend la remplir avec fierté et humilité. "Car ce qui est aujourd'hui une évidence n'était qu'un rêve pour ma grand-mère." Et de rappeler que la moitié de la population suisse n'a pendant longtemps pas pu voter.
Conciliation travail-famille
Irène Kälin a toujours défendu des valeurs sociales et solidaires. Elle a malgré tout réussi à s'imposer dans un canton très bourgeois, avant de convaincre sous la Coupole fédérale.
Mère d'un petit garçon, Irène Kälin assure n'avoir jamais réellement visé une carrière politique. Allier vie familiale et professionnelle est d'ailleurs un principe que la politicienne vit au pied de la lettre: elle a parfois siégé avec son bébé dans les bras. A ses yeux, il faut renforcer les crèches et autres structures permettant de mieux concilier travail et famille.
Ensemble
Inquiète de la polarisation grandissante de la société, l'Argovienne entend mettre à profit son mandat pour rassembler et trouver des solutions à des questions cruciales, comme le climat ou les relations avec l'Union européenne. "Trouvons ensemble des compromis." Elle sera assistée dans sa nouvelle fonction par Martin Candinas (Centre/GR) et Eric Nussbaumer (PS/BL).
Ses propos ont fait écho à ceux de Thomas Hefti. Le PLR glaronnais a été élu au perchoir de la Chambre des cantons par 44 voix et aucune opposition. Saluant les victimes du Covid-19 et leurs familles, Thomas Hefti a loué le travail du Parlement et du Conseil fédéral durant la pandémie, qui "malheureusement va nous accompagner encore. Nous n'en sortirons qu'ensemble."
Pas de dictature en Suisse
"Ceux qui parlent de dictature ont tort. Le peuple suisse a eu deux fois l'occasion de se prononcer" sur la gestion de la pandémie par les autorités, a lancé le Glaronnais.
L'autre grand sujet qui occupera les esprits, c'est le climat, a-t-il poursuivi. "La Suisse doit agir à sa manière pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris." Malgré le rejet de la loi sur le CO2, certains cantons agissent déjà à leur niveau, Zurich et Glaris par exemple. Peut-être faudra-t-il examiner à nouveau les possibilités offertes par l'énergie nucléaire, a-t-il encore glissé.
Trio de femmes
Juriste, plutôt discret et doté d'un bon réseau, adversaire d'une transparence maximale en politique, M. Hefti siège pour Glaris à la Chambre des cantons depuis 2014. Issu d'une longue lignée familiale de politiciens, il fait partie des sénateurs ayant le plus d'engagements en dehors du Parlement.
Trois femmes me succéderont à ce poste, après la fin de ma présidence, a encore lancé Thomas Hefti, sénateur PLR le plus conservateur de la Chambre selon le site smartvote, en évoquant le jeu des présidences tournantes.
Il sera épaulé durant cette année par la centriste thurgovienne Brigitte Häberli-Koller. C'est la socialiste jurassienne Elisabeth Baume-Schneider qui complétera l'équipe en tant que deuxième vice-présidente. Et la Verte genevoise Lisa Mazzone sera scrutatrice.
Plexiglas de retour
Les élus fédéraux retrouveront dès lundi prochain les parois en plexiglas séparant leur place. Cette décision fait suite à une annonce du canton de Berne exigeant le port du masque.
Au Conseil des Etats, les sénateurs pourront se passer de le porter, a indiqué le président sortant de la Chambre des cantons Alex Kuprecht en ouverture de la session d'hiver. La décision a été prise par les bureaux des deux Chambres.