Le projet du gouvernement prévoit une baisse du taux de conversion, et les Suisses ne devraient pas toucher une rente moins élevée. Ce point n'est pas contesté.
Le modèle proposé par le Conseil fédéral prévoit que la réduction de la rente sera compensée de manière échelonnée pour toutes les personnes qui partent en retraite durant les quinze premières années suivant l'entrée en vigueur. Il est le fruit d'un compromis entre les syndicats et l'Union patronale suisse.
Non à l'arrosoir
Mais la majorité de droite de la commission de la sécurité sociale veut un autre modèle. Celui-ci tiendrait compte des prestations surobligatoires de la caisse de pension: si la rente prévue selon le règlement de la caisse de pension est plus élevée que le montant minimal légal de 4700 francs, le supplément sera réduit.
Tous les rentiers ne toucheraient donc pas un supplément. La majorité des caisses de pension vont déjà au-delà du minimum légal de 4700 francs. Il faut donc éviter un modèle "arrosoir", a lancé Benjamin Roduit (Centre/VS), au nom de la commission.
Au final, seuls 35 à 40% des rentiers en bénéficieraient: les travailleurs du domaine de la construction, de la restauration, les personnes à temps partiel, les femmes, a-t-il précisé.
Mépris
"Mesdames et Messieurs des partis bourgeois, vous allez trop loin. Vous voulez faire reculer les prestations, vous n'êtes pas à la hauteur de l'Histoire et de vos prédécesseurs", a rugi Pierre-Yves Maillard (PS/VD).
Le critère choisi par la commission pour les compensations est totalement arbitraire. C'est un mépris pour les partenaires sociaux, y compris pour l'Union patronale suisse, assise à la table avec les syndicats. Il ne fait que reprendre les revendications des assureurs, a poursuivi le président de l'Union syndicale suisse.
Long chemin
Différents modèles sont sur la table. Il ne s'agit pas ici, au premier débat, au premier Conseil, d'annoncer le torpillage de la réforme et un référendum, lui a rétorqué Albert Rösti (UDC/BE). Et parler d'un compromis entre partenaires sociaux est discutable: plusieurs organisations patronales importantes, comme l'Union suisse des arts et métiers, n'y sont pas favorables.
Si quelqu'un pense pouvoir avoir une réforme sans les partenaires sociaux, "bonne chance!", lui a lancé le ministre de l'intérieur Alain Berset. Historiquement, les réformes de ce genre, complexes, n'ont aucune chance en votation s'ils ne sont pas à bord. "Cela ne veut pas dire que l'on ne peut rien toucher à ce modèle, le chemin est encore long".
La Chambre du peuple débute l'examen du projet.