(ats) La suppression du délai pour déposer une demande d'indemnisation en cas de placement forcé porte ses fruits. L'Office fédéral de la justice (OFJ) a encore reçu 1350 requêtes de victimes depuis le 1er novembre 2020.

Il arrive chaque mois entre 30 et 40 demandes à l'OFJ. Ces requêtes émanant de victimes de placements forcés s'ajoutent aux 9000 déposées dans la première phase, a indiqué lundi le Département fédéral de justice et police (DFJP) en réponse à une question de Heinz Siegenthaler (Centre /BE).

Cela prouve que l'information sur la suppression du délai a bien passé, poursuit le DFJP. Le Parlement avait décidé l'an dernier de supprimer le délai de dépôt des requêtes. Les victimes de placements forcés dans leur enfance ou d'autres mesures de coercition jusqu'en 1981 peuvent déposer une demande d'indemnisation sans limite temporelle depuis le 1er novembre 2020.

Efforts pour atteindre les concernés

Les autorités à tous les niveaux apportent leur soutien aux personnes concernées, poursuit le DFJP. Mais il est parfois difficile d'atteindre les personnes concernées en raison de leur âge, de leur santé ou d'une vie très retirée de la vie publique.

C'est pourquoi l'OFJ essaie depuis l'automne de cette année de contacter de manière ciblée différentes organisations du monde social, des homes et des soins afin d'informer les personnes d'accompagnement de la suppression du délai et du droit aux indemnisations de solidarité.

Jusqu’en 1981, des dizaines de milliers d’enfants et adolescents ont été placés par les autorités dans des exploitations agricoles comme main-d’œuvre bon marché, dans des foyers sévèrement gérés, voire dans des établissements pénitentiaires. Ces placements étaient parfois imposés sans décision judiciaire. Des femmes ont en outre été forcées de consentir à un avortement, à une stérilisation ou encore à l’adoption d’un ou de plusieurs de leurs enfants.