(ats) Les Chambres fédérales tiendront un débat urgent sur la guerre en Ukraine, le 15 mars au Conseil des Etats, le lendemain au National. Les partis veulent des explications notamment sur l'impact du conflit sur la politique de sécurité de la Suisse.

Les deux Chambres ont indiqué jeudi la teneur de leurs interpellations sur Twitter. Aucune décision n'est attendue. Mais le gouvernement doit répondre aux préoccupations du Parlement.

Le Conseil des Etats ouvrira les feux le mardi 15 mars avec une interpellation de Josef Dittli (PLR/UR). Celui-ci demande de renforcer la capacité de défense de l'armée. L'Europe s'arme et la Suisse doit apporter sa contribution, aussi pour pouvoir faire respecter sa neutralité, écrit-il dans son texte. Pour lui, il faudrait accélérer l'achat des nouveaux avions de combat F-35.

Les capacités de défense seront aussi thématisées le mercredi au Conseil national. Pour l'UDC, le gouvernement devrait maintenant tirer les enseignements des récents conflits en Azerbaïdjan, en Syrie, au Yémen et en Libye et adapter en conséquence la stratégie de l'armée suisse.

Il exige de porter le budget de l'armée à sept milliards de francs et ses effectifs à 20'000 hommes. Le parti conservateur veut en outre savoir comment la population suisse est protégée des attaques de missiles, de drones et d'autres attaques aériennes. L'UDC demande aussi de suspendre la vente de Ruag Ammotec. Il juge que la Suisse doit garantir de manière autonome sa capacité de défense et sécuriser son approvisionnement en munitions.

Energie

Pour le PLR, la guerre en Ukraine remet en question la politique de sécurité. Il veut lui aussi savoir si le Conseil fédéral est prêt à augmenter substantiellement les dépenses de la défense ainsi que les effectifs de l'armée. Le PLR s'interroge également sur les conséquences dans les domaines de l'énergie, de l'accueil des réfugiés, de la cybersécurité et plus généralement de l'économie suisse.

Dans le domaine de l'approvisionnement énergétique et au vu de la hausse des prix de l'énergie, l'UDC souhaite la suspension temporaire des taxes prélevées par l'Etat sur l'énergie et une diversification de l'approvisionnement énergétique.

Pour le Centre et les Vert'libéraux, l'invasion russe en Ukraine constitue une césure dans la politique de sécurité en Europe. Les deux partis se demandent quel impact cela aura sur la sécurité en Suisse et plus généralement sur l'ordre politique mondial et la collaboration multilatérale.

Réfugiés

Le Centre demande en outre d'introduire rapidement un statut de protection pour les réfugiés ukrainiens. Le statut S, créé après les conflits dans les Balkans mais jamais encore utilisé, est une solution permettant d'offrir un droit de séjour à vue. Mais comment le Consel fédéral va-t-il le mettre en oeuvre rapidement? Et prévoit-il un regroupement familial?

Le Centre s'inquiète aussi du rôle de la Suisse au sein du conseil de sécurité de l'ONU qu'elle s'apprête à rejoindre. L'élection est prévue le 9 juin prochain à New York. La Suisse devrait être amenée à présider dès mars 2023 cet organe pour un mois. En a-t-elle les ressources et quelle sera sa position dans le cas d'une résolution sur l'Ukraine ou d'une guerre, se demande le parti.

Le Ps demande au Conseil fédéral s'il est prêt à prendre de nouvelles mesures, notamment dans le secteur financier et celui des matières premières. Comme le Centre, il souhaite également que le gouvernement augmente son aide humanitaire en Ukraine.