(ats) Les tirs militaires de l'aviation suisse se poursuivront pour l'instant sur le lac de Neuchâtel. Le National a rejeté mercredi une motion de Pierre-Alain Fridez (PS/JU) qui s'inquiète de la présence de munitions au fond du lac, aux abords de la réserve naturelle de la Grande Cariçaie.

Le Jurassien juge aberrant les tirs de l'aviation dans la zone d'entraînement de Forel (FR). Selon les estimations, 5000 tonnes de munitions sont accumulées au fond du lac. C'est difficilement conciliable avec l'idée d'une magnifique zone naturelle protégée, selon le socialiste.

L'armée a annoncé en septembre dernier qu'aucune trace d'explosif n'a été détectée dans les échantillons d'eau et de sédiments du lac de Neuchâtel prélevés à Forel. Mais des analyses supplémentaires sont nécessaires pour pouvoir tirer un bilan complet, notamment en matière d'impact sur la flore.

"J'ai chargé l'armée de reconsidérer la nécessité d'organiser des exercices de tir avec des avions de combat à Forel", a rappelé la ministre de la défense Viola Amherd, appelant tout de même au rejet de la motion. L'armée doit aussi élaborer d'ici l'été 2022 un concept pour montrer comment les restes de munitions pourraient être éliminés à Forel. Au vote, elle a été entendue par 106 voix contre 85.

Utilisé depuis 1928, le site de Forel fait partie des trois dernières places pour l'entraînement des tirs air-sol des forces aériennes. Environ 10 jours d'entraînement sont programmés par an. D'autres exercices militaires sont aussi menés sur place, relatifs notamment à la survie des pilotes en milieu aquatique.

Rapport sur les sites pollués

Le Conseil national a en revanche adopté, par 140 voix contre 51, un postulat de Baptiste Hurni (PS/NE) demandant un rapport sur les sites pollués par l'armée en Suisse. Un travail de dépollution a déjà commencé sur le site de Forel, s'est félicité le Neuchâtelois.

Il aimerait toutefois en savoir davantage sur tous les sites en Suisse. En 2016, Armasuisse avait indiqué qu'il faudrait 25 ans pour dépolluer tous les sites concernés. "Où en est-on six ans après? Est-ce que cet objectif est toujours possible?" s'est demandé M. Hurni, exigeant un "calendrier clair".

La ministre de la défense Viola Amherd a concédé qu'il n'existe pas encore de document qui réunit toutes les informations sur cette question, même si beaucoup sont déjà publiques. L'UDC était seule dans son opposition, estimant qu'il n'y a pas besoin de rapport supplémentaire.