"La Suisse appartient à l'Europe. Nous sommes des Européennes et des Européens", a lancé le Zurichois. L'Union européenne est une réalité qui a énormément apporté à la Confédération. Celle-ci a notamment profité de l'accès au marché et de la politique de sécurité commune.
L'Union européenne n'est pas parfaite, a reconnu M. Molina. Mais il importe de pouvoir participer aux décisions qui nous concernent, a-t-il ajouté, reprenant l'adage: les absents ont toujours tort. Selon lui, il est temps de refermer le "traumatisme irrationnel" provoqué par le refus de l'adhésion à l'Espace économique européen (EEE) le 6 décembre 1992.
Dans sa motion, le socialiste regrettait qu'en mettant fin aux négociations relatives à l'accord cadre avec l'UE, la Suisse ait fait une croix sur son objectif stratégique de consolidation de la voie bilatérale. Selon lui, la pleine participation aux institutions européennes est le meilleur moyen pour la Suisse de renforcer sa démocratie et sa souveraineté après l'échec de l'accord-cadre.
Le texte demandait notamment de rendre les droits populaires, ainsi que ceux du Parlement et des cantons "compatibles avec une intégration de la Suisse dans l'UE sans pour autant y porter atteinte ni dans leur essence ni dans leur portée". Berne aurait aussi dû apaiser la crainte d'un recul sur les plans social et écologique que l'idée d'une adhésion à l'UE suscite dans l'opinion publique.
Un modèle qui a fait ses preuves
La voie bilatérale a fait ses preuves en tant que modèle de politique européenne le plus approprié, a répondu le président de la Confédération Ignazio Cassis. A l'heure actuelle, rien n'a changé à cette évaluation.
Le Conseil fédéral a confirmé le 23 février sa volonté de poursuivre la coopération bilatérale avec l'Union européenne. Il entend poursuivre une approche sectorielle pour l'accès au marché européen.
Le gouvernement va s'efforcer de résoudre les problèmes concrets avec l'UE dans le but d'assurer une application la plus harmonieuse possible des accords bilatéraux. Un rapport sur les relations entre la Suisse et l'UE est également en cours d'élaboration.
Libre-circulation pas renégociée
Le Conseil national a par ailleurs rejeté par 137 voix contre 53 une motion de Piero Marchesi (UDC/TI) demandant de renégocier l'accord sur la libre circulation des personnes afin de mettre en oeuvre l'initiative contre l'immigration de masse acceptée par peuple en 2014.
Dans son rapport sur l'Europe, le Conseil fédéral évaluera les différentes options à disposition, a indiqué le chef du Département fédéral des affaires étrangères. Un précédent rapport concluait qu'un accord de libre-échange global constituerait une claire régression par rapport aux accords bilatéraux existants.